Le musée national Eugène Delacroix occupe l’appartement du peintre ainsi que son atelier situé dans le jardin privatif.
Delacroix s'est installé rue de Furstenberg le 28 décembre 1857,
abandonnant l'atelier de la rue Notre-Dame-de-Lorette, trop éloigné de
l'église Saint-Sulpice dont il avait été chargé, dès 1847, de décorer
une chapelle.
Sérieusement malade, l'artiste souhaitait finir à tout prix son œuvre,
mais il n'était plus en mesure de faire chaque jour un long trajet.
Aussi fut-il heureux de trouver, par l'intermédiaire de son ami le
marchand de couleurs et restaurateur de tableaux Etienne Haro, un
logement calme et aéré, relativement proche de Saint-Sulpice.
L'installation se fit sans trop de difficultés, si l'on excepte les
inévitables retards des travaux d'aménagement qui se déroulèrent du
mois de mai au mois de décembre.
Une fois installé, Delacroix exprimera souvent dans son Journal et dans
ses lettres son contentement : "Mon logement est décidément charmant
(...). Réveillé le lendemain en voyant le soleil le plus gracieux sur
les maisons qui sont en face de ma fenêtre. La vue de mon petit jardin
et l'aspect riant de mon atelier me causent toujours un sentiment de
plaisir. " (Journal, 28 décembre 1857).
Eugène Delacroix vécut dans cet appartement jusqu'à sa mort, le 13 août 1863.
Après la mort de Delacroix, le 13 août 1863, divers locataires
occupèrent les lieux jusqu'au moment où il fut question de détruire
l'atelier.
C'est alors que quelques peintres, dont Maurice Denis et Paul Signac,
deux historiens de Delacroix, André Joubin et Raymond Escholier, et un
amateur d'art, le Docteur Viau, eurent l'idée de constituer, en 1929,
sous la présidence de Maurice Denis, la Société des Amis d'Eugène
Delacroix, afin d'empêcher cette destruction sacrilège.
Successivement locataire de l'atelier, puis de l'appartement et de
l'atelier, la Société des Amis d'Eugène Delacroix, reconnue d'utilité
publique en 1934, se fixa pour but "d'assurer l'existence et
l'entretien" des lieux et de mieux faire connaître l'œuvre de Delacroix.
Elle organisa, à partir de 1932, une série d'expositions, de concerts
et de conférences. Lorsque la mise en vente de l'immeuble fut décidée
en 1952, soucieuse de mener à bien la tâche qu'elle avait entreprise,
elle vendit alors ses collections aux musées nationaux. C'est ainsi
qu'elle put acquérir l'appartement, l'atelier, ainsi que le petit
jardin privatif. Elle fit don de l'ensemble à l'Etat en 1954, à charge
pour lui de créer un musée.
En 1971, le musée Eugène Delacroix devient musée national.
Les façades et les toitures de l'immeuble, côté cour et côté jardin,
ainsi que le musée, le sol du jardin et l'atelier ont été inscrits sur
l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1991.
Grâce à l'acquisition, en 1992, d'une partie de l'appartement mitoyen
de celui qu'occupait le peintre, le musée a été doté d'un nouvel espace
d'accueil et d'une salle d'information.