Musée National Eugène Delacroix
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Madeleine dans le désert

Eugène Delacroix (1798-1863)

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Eugène Delacroix
(1798-1863)

1845
Huile sur toile
Acquis avec la participation de Mr et Mme Lucien Bourdon et de Mr Alfred Daber, 1990
MD 1990-4

Remarquée par le poète-critique d’art Charles Baudelaire lors de sa présentation au Salon de 1845, La Madeleine dans le désert est une des pièces maîtresses des collections du musée. De toutes les œuvres d’inspiration religieuse de Delacroix, celle-ci est assurément l’une des plus exceptionnelles, tant par sa mise en page que par le mystère qui émane de cette femme à la chevelure lourde et somptueuse. Elle figura parmi les oeuvres choisies par Delacroix pour être présentée à l’Exposition universelle de 1855.

 

Fascinante Madeleine

Depuis son exposition au Salon de 1845 (n°435), ce tableau n’a guère laissé indifférent tous ceux qui ont eu l’occasion de le contempler, si l’on se réfère aux nombreux commentaires le concernant, où les éloges vibrants cèdent parfois la place aux critiques. Baudelaire, en effet, n’a pas été le seul à exprimer sa fascination pour cette œuvre insolite, unique à dire vrai dans la production religieuse de Delacroix par l’intensité émotionnelle qui émane du personnage, au regard et au sourire énigmatiques, lumineuse apparition sur un fond de paysage sombre et mélancolique.

Il ne fait du reste aucun doute que Delacroix attachait beaucoup d’importance à sa Madeleine, puisqu’il tint à l’inclure dans la brillante sélection de ses œuvres présentées à l’Exposition Universelle de 1855. Bien plus, il n’est pas interdit de penser que le peintre fut sensible à cette époque à l’hommage si perspicace de Baudelaire : " Voici la fameuse tête de la Madeleine renversée, au sourire bizarre et mystérieux, et si surnaturellement belle qu’on ne sait si elle est auréolée par la mort, ou embellie par les pâmoisons de l’amour divin." ("Exposition Universelle de 1855" dans Curiosités Esthétiques).

Delacroix avait peint, probablement peu avant 1845, une Madeleine en prière (collection Oskar Reinhart, Winterthur) qui semble plus conforme stylistiquement à la production des œuvres religieuses du peintre. Cette "Madeleine défaillante soutenue par un ange", selon les termes de Théophile Gautier, est loin d’avoir la même atmosphère mystérieuse et énigmatique que celle du musée Delacroix.

Brève histoire de la Madeleine

D’après Achille Piron (1865), Delacroix aurait vendu la Madeleine dans le désert en 1854, malheureusement le nom de l’acquéreur n’est pas connu. En 1885, lorsque l’œuvre est exposée à l’École des Beaux-Arts, dans le cadre de la manifestation organisée au profit de la souscription destinée à élever un monument à la mémoire de Delacroix, le livret indique qu’elle est prêtée par Daniel Iffla, dit Osiris (1896-1904), qui acheta le domaine de Malmaison en 1896.

Documentation

Charles Baudelaire, Œuvres complètes, Tome II, Paris, 1975.

Lee Johnson, The paintings of Eugène Delacroix, a Critical Catalogue, Volume II, Oxford, 1986, n° 429, repr. 239 ; Fourth Supplement and Reprint of Third supplement, Oxford, 2002, n°429, p.239 et p.334.

Arlette Sérullaz, "Acquisitions" in Revue du Louvre, I - 1991, p. 136, repr.

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