Musée National Eugène Delacroix
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L’Education de la Vierge

Eugène Delacroix (1798-1863)

© RMN / J-G. Berizzi

Eugène Delacroix
(1798-1863)

Sous-titre : La leçon de lecture
1842
Huile sur toile
Achat, 2003
H. 0,954 m ; L. 1,24 m
Signé et daté en bas à gauche : Eug. Delacroix, 1842
MD 2003-8

C’est au cours de son premier séjour dans le Berry, à Nohant chez George Sand (1804-1876), en juin 1842, que Delacroix a exécuté ce tableau qui occupe une place insigne dans le corpus de ses œuvres d’inspiration religieuse.

Delacroix a traité le sujet avec une grande simplicité, centrant sa composition sur les deux figures monumentales de sainte Anne et de la Vierge qui se détachent sur un fond de paysage sans doute inspiré des frondaisons du parc de Nohant.

 

" Je vais m’amuser à entreprendre un petit tableau pour l’église du lieu."

Delacroix a exécuté ce tableau en juin 1842 au cours de son premier séjour à Nohant chez George Sand et le destinait à l’église du village dont sainte Anne était la patronne. Venu, selon ses propres termes, avec l’intention de ne rien faire, le peintre avait éprouvé très vite le besoin de se remettre au travail : "Je vais m’amuser avec le fils de la maison à entreprendre un petit tableau pour l’église du lieu" (A. Joubin, Correspondance, lettre à J.-B. Pierret, 7 juin 1842).

Comme il n’avait pas de toile sous la main, Delacroix demanda au fils de la romancière, Maurice, à qui il donnait des cours de peinture, de l’aider à en fabriquer une à partir d’un coutil de fil que George Sand utilisait pour ses corsets. Il se fit en outre envoyer rapidement de Paris les couleurs nécessaires.

Quant au sujet, une scène dont il avait été le témoin au cours d’une de ses promenades lui en aurait donné l’idée : "je viens de voir en rentrant dans le parc un motif de tableau superbe, une scène qui m’a beaucoup touché. C’était votre fermière, avec sa petite fille. J’ai pu les regarder tout à mon aise derrière un buisson où elles ne me voyaient pas. Toutes deux étaient assises sur un tronc d’arbre. La vieille avait une main posée sur l’épaule de l’enfant qui apprenait attentivement une leçon de lecture".

Delacroix et George Sand

Cette peinture est par ailleurs le souvenir le plus célèbre unissant Delacroix à George Sand. Delacroix fit plusieurs séjours à Nohant, le premier précisément en 1842. On sait qu’il appréciait l’atmosphère chaleureuse et libre qui régnait dans cette demeure. On sait aussi qu’il fit souvent appel à l’optimisme et à l’énergie de la dame de Nohant lorsqu’il était en proie au doute ou à la maladie. De son côté, George Sand considérait Delacroix comme "un des premiers dans l’histoire de la peinture".

Avec l’accord de celle-ci, Delacroix soumit L’Education de la Vierge au jury du Salon de 1845. L’œuvre n’ayant pas été acceptée retourna à Nohant. Un an après la mort de Delacroix, des difficultés d’argent poussèrent George Sand à s’en défaire : elle n’eut de cesse de convaincre Edouard Rodrigues (1796-1878), agent de change de profession et amateur d’art averti, de l’acquérir, ce qu’il finit par faire pour la somme de 5 000 frs.

Une oeuvre religieuse insigne

Dans l’œuvre peint de Delacroix, L’Education de la Vierge occupe une place insigne parmi les peintures d’inspiration religieuse qui jalonnent toute la carrière de l’artiste, depuis la Vierge des Moissons de l’église d’Orcemont (1819) jusqu’à la chapelle des Saints-Anges à l’église Saint-Sulpice à Paris (1861). Delacroix reprit le thème en 1853 dans un format plus petit (Tokyo, National Museum of Western Art), en transformant sensiblement l’ordonnance générale de la scène.

Documentation

Lee Johnson, The Paintings of Eugène Delacroix. A Critical Catalogue, Volume III, Oxford, 1986, n° 426, pl. 234 ; Fourth Supplement and Reprint of Third Supplement, Oxford, 2002, p.334, n° 426.

Arlette Sérullaz, « L’Education de la Vierge de Delacroix entre au musée national Eugène Delacroix », in Revue du Louvre, 1, 2004, p. 17-19.

Arlette Sérullaz, in George Sand, une nature d’artiste, catalogue exposition, Paris, musée de la Vie romantique, 2004, p.84-85, n° 75, repr.

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