Musée National Eugène Delacroix
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L’Annonciation

Eugène Delacroix (1798-1863)

© RMN / Gérard Blot

Eugène Delacroix
(1798-1863)

Huile sur papier marouflé sur toile
1841
H : 0, 312 m ; l : 0, 437 m
Signé et daté en bas à droite : Eug. Delacroix 1841
Achat, 1988
MD 1988-8

Par arrêté préfectoral du 4 juin 1840, et à la suite au désistement du peintre Joseph-Nicolas Robert-Fleury (1797-1870), le comte de Rambuteau, préfet de la Seine, donne mission à Delacroix de décorer une chapelle de l’église Saint-Denis-du-Saint-Sacrement, rue de Turenne, dans le quartier du Marais à Paris. C’est ainsi que le peintre, en recherche d’un sujet, esquisse en 1841 cette petite Annonciation. Le thème finalement retenu sera celui d’une Pietà exécutée en mai 1844.

 

Une Annonciation puis une Pietà...

Sur une feuille d’études réalisée en 1840 pour la composition de la Prise de Constantinople par les Croisés (1840, Louvre), Delacroix note dans la marge ses recherches pour le sujet de la décoration de la chapelle de l’église Saint-Denis-du-Saint-Sacrement : « pour la chapelle de la Vierge, faire des panneaux étroits de sujets à plusieurs figures comme les volets de Rubens - La naissance de la Vierge - La Visitation - Le Christ sur les genoux - l’Annonciation, etc [...] ». Il esquisse ainsi en 1841 cette petite peinture à la composition quelque peu théâtrale, dont il existe une deuxième version signée de la main du peintre dans une collection particulière. Le thème finalement retenu pour la décoration de la chapelle, une Pietà, - montrant la Vierge les bras dramatiquement étendus sur le corps mort de son Fils - , s’adaptera mieux à la taille du mur que celui de l’Annonciation, jugé « ingrat » de l’avis même de Delacroix au regard des « 14 pieds sur 10 » qu’il lui faut couvrir (lettre d’E. Delacroix à A. Varcolliers, 22 janvier 1842, musée Delacroix). Delacroix ne peut se lancer dans la réalisation de sa Pietà qu’après avoir "échangé" avec le peintre Court, au printemps 1843, la décoration de la chapelle de la Vierge contre celle de la chapelle située à l’opposé, à droite en entrant, au revers de la façade.

En 1858, le peintre reprend le thème de l’Annonciation pour une peinture ( non localisée ) qui devait être de belle qualité si l’on en juge par l’admiration que lui porta le marchand belge Arthur Stevens (1825-1899) en la voyant chez l’artiste (A. Joubin, Correspondance, lettre du 3 novembre 1858).

Qu’il me soit fait selon Ta parole

Cette esquisse où, seuls, les tons clairs de la robe de l’ange et des nuées tourbillonnantes qu’il entraîne contrastent avec la tonalité générale de vert et de rouge cramoisi, évoque l’instant où l’ange Gabriel, le doigt pointé vers le ciel et vers Dieu dont il est le messager, tenant dans la main droite une branche de lys symbole de virginité, annonce à Marie qu’elle sera la mère du Sauveur. Elle offre humblement son consentement, la main délicatement posée sur son cœur, l’arrondi du sein bientôt fertile dessiné par son manteau bleu. Deux anges soulèvent un lourd rideau de théâtre pour nous rendre témoins de cette scène pourtant empreinte de simplicité. Cette mise en scène théâtrale plut beaucoup à Baudelaire : « J’ai vu une petite Annonciation de Delacroix, où l’ange visitant Marie n’était pas seul, mais conduit en cérémonie par deux autres anges, et l’effet de cette cour céleste était puissant et charmant ».

Documentation

Etienne Moreau-Nélaton, Delacroix raconté par lui-même, Paris, 1916, 1, p. 199-200, repr. 185.

Lee Johnson, The Paintings of Eugène Delacroix. A Critical Catalogue, volume III, Oxford, 1986, n° 425 ; volume IV, repr. n° 236.

Charles Baudelaire, Œuvres complètes, volume II, Ed. Gallimard, Bibliothèque De la Pléïade, 2007.

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