Musée National Eugène Delacroix
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Esquisse pour Le Christ au Jardin des Oliviers

Eugène Delacroix (1798-1863)

© H. Brégeat/Louvre

Eugène Delacroix
(1798-1863)

Huile sur toile
c.1826
H : 0,32 m ; L : 0,40 m
Achat, 2007
MD 2007-2

 

Une composition critiquée

Le grand tableau toujours en place dans le transept gauche de l’église Saint-Paul-Saint-Louis, dans le quartier du Marais, Le Christ au Jardin des Oliviers, fut commandé à Delacroix par le préfet de la Seine, le comte de Chabrol, en 1824. La toile, qui mesure 2,94 m. sur 3,62, m, suscita l’étonnement de la critique lorsqu’elle fut présentée au Salon de 1827, en même temps que la Mort de Sardanapale. Delacroix y faisait preuve d’une originalité frappante par rapport aux nombreuses œuvres commandées dans ces années à des artistes plus conventionnels pour regarnir les églises vidées par la Révolution. Ainsi en est-il du groupe éthéré des trois anges éplorés qui contraste avec la vigueur du reste de la composition. On connaît le mot de Delécluze, qui trouvait à ces anges un « air de demoiselles anglaises ». Paradoxalement, la source d’inspiration déclarée de Delacroix était plutôt dans les tableaux de Zurbaran qu’il avait admirés dans la collection du maréchal Soult. Thoré-Burger, plus clairvoyant une fois de plus, releva dans sa critique une parenté avec Murillo. Ajoutons que, par d’autres sources, il semble que Paul Huet ait nettement participé à l’exécution du paysage.

Une esquisse inédite

Cette esquisse, dont la restauration a fait réapparaître depuis la signature de l’artiste, constitue une découverte importante pour mieux comprendre la genèse du tableau. Elle comporte, en effet, de nombreuses variantes, notamment dans la position et le vêtement du Christ, plus théâtral dans sa version finale, marquée par une grande oblique et un drapé plus classique. Le groupe des anges, les apôtres endormis au premier plan à gauche et le groupe des soldats qui approchent à la lumière des torches à gauche, guidés par Juda, sont, en revanche, déjà fixés. Préparatoire à une toile majeure d’Eugène Delacroix, cette esquisse nouvellement acquise s’insère particulièrement bien par son caractère à l’esprit d’un atelier et complète la série des œuvres religieuses déjà conservées au musée, notamment les esquisses pour la Vierge du Sacré-Cœur de la cathédrale d’Ajaccio et pour la Piéta de l’église Saint-Denis du Saint-Sacrement - en fait une Visitation qui correspond à la première idée de 1841.

Documentation

Lee Johnson, The paintings of Eugène Delacroix, a Critical Catalogue, Volume I, Oxford, 1986, n° 154 (pour le tableau définitif).

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