Musée National Eugène Delacroix

Juive de Tanger

Eugène Delacroix (1798-1863)

© RMN / H. Lewandowski

Eugène Delacroix
(1798-1863)

MD 1996-15
1833
Eau-forte sur chine appliqué ; 1er état avant la lettre
Achat, 1996
Feuille : H. 0,296 ; L. 0,225
Trait carré : H. 0,213 m ; L. 0,173 m
Signée en haut, à gauche : Eug. Delacroix, 1833

Dans le catalogue de la vente posthume de Delacroix, cette gravure est intitulée à tort comme Juive d’Alger avec une négresse, assise dans un intérieur. L’ambassade française, durant son séjour à Tanger, s’était vu attacher comme interprète un juif, Abraham Benchimol. Celui-ci mit Delacroix en relation avec toute la communauté israélite de la ville et lui permit même d’assister à une noce. Inspirée très certainement de cette célébration, la gravure représente une mariée juive en compagnie de sa servante, cloîtrée après avoir été richement parée, selon l’usage, dans une chambre obscure où elle devait rester, pendant la durée de la noce.

 

Un des évènements les plus marquants du séjour de Delacroix en Afrique du Nord, en 1832, fut une noce juive à laquelle il fut convié le 21 février et dont il nota dans un carnet conservé au Louvre les moments les plus pittoresques. A partir de ses notes et de quelques croquis, il composa en 1841 une toile qui figura au Salon sous le titre Noce juive dans le Maroc (Paris, musée du Louvre). L’année suivante, Delacroix raconta dans un article publié dans le Magasin pittoresque tous les détails de la cérémonie.

La position impassible de la Juive, celle de la servante assise contre le mur, certains objets du décor se retrouvent dans une aquarelle montrant un Maure rendant visite à une mariée juive entourée des membres de sa famille (collection particulière). Mais en cadrant l’eau-forte sur la seule figure de la mariée et de sa servante, Delacroix a conféré au sujet une portée noble et intemporelle, allant bien au-delà de l’anecdote et du pittoresque.

Documentation

Loys Delteil, Susan Strauber, Eugène Delacroix. The Graphic Work. A Catalogue Raisonné, San Francisco, 1997, n°18 p. 40.

Lee Johnson,"Delacroix’s Jewish bride" in The Burlington Magazine, vol. CXXXVII, nov. 1997, p.755-759.

Barthélémy Jobert, in Delacroix, le trait romantique, catalogue exposition Bibliothèque Nationale de France, 1998, p. 129 et n°145.

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