Musée National Eugène Delacroix

Gargoulettes (berrada)

@ RMN / G. Blot

Maroc, Fès
Fin XVIIIe siècle
Faïence
H.0,28 m
Don Mme Veuve Etienne Cournault à la Société des Amis d’E. Delacroix, 1952 ; reversement au musée E. Delacroix, 2002
MD 2002-187

La gargoulette est un récipient destiné à garder l’eau fraîche. Son nom correspond à la traduction du terme arabe berrada dont le radical signifie "froid". Encore utilisé aujourd’hui, cet objet de la vie quotidienne a subi peu de modifications depuis l’époque de Delacroix. Cette gargoulette appartient à un ensemble d’objets que le peintre rapporta de son séjour au Maroc en 1832 et dont il légua une partie à son ami et peintre orientaliste Charles Cournault (1815-1904).

 

Le décor de cette gargoulette est typique de la production de la ville de Fès : il présente des glaçures colorées avec du jaune vif, du vert sapin et du bleu. Les rehauts de pastille rouge (au minium) ont été apposés après cuisson. L’organisation du décor s’articule en registres superposés avec au col des palmettes bifides à l’intérieur d’un champ bordé d’un trait jaune cerné de deux traits de manganèse. Sur la panse, quatre arabesques jaunes, meublées de palmettes et de fleurons bleus et verts avec dans les écoinçons des petits motifs cruciformes verts, ponctués de rouge. Les anses sont émaillées vert émeraude.

Le voyage au Maroc

En 1832, Eugène Delacroix a accompagné la mission diplomatique du Comte de Mornay auprès du Sultan du Maroc Muley Abd-err-Rahmann. Pendant près de six mois, de janvier à juillet, il a parcouru le pays de Tanger à Meknès et a également visité, sur le chemin du retour, le sud de l’Espagne et l’Algérie. Outre les dessins, notes et croquis accumulés sur les pages de ses carnets, Delacroix rapporta également divers objets typiques. Parmi ceux-ci, les faïences, témoignages de la production de Fès, sont nombreuses : petits pots à anse, pichets, bols, coupes, plats. Ces céramiques, utilisées comme accessoires domestiques, sont toujours pourvues d’un riche décor géométrique ou floral.

Charles Cournault, un ami fidèle

Cette gargoulette fait partie d’un ensemble d’objets marocains, comprenant un coffre, des céramiques, des vêtements, des armes et des instruments de musique donnés à la Société des Amis d’Eugène Delacroix par Etienne Cournault. Son grand-père, Charles Cournault (1815-1904), après un court passage dans l’atelier de Delacroix en 1839, fit lui-même deux voyages en Algérie, en 1840 et 1843, et entretint, pendant plusieurs années, avec le maître une amitié soutenue par leurs souvenirs communs de voyage. Delacroix ne l’oublia pas au moment de la rédaction de son testament, puisqu’il lui légua les objets qu’il avait ramenés de son voyage au Maroc.

Documentation

Lee Johnson, "La collection Charles Cournault", in Bulletin de la Société de l’Histoire de l’Art français, 1978, p. 249 - 262.

Alain Loviconi, Dalila Belfitah, Regards sur la faïence de Fès, Aix-en-Provence, 1991, p. 72-73.

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