Musée National Eugène Delacroix
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Paul Huet
Faust et Méphistophélès

Paul Huet (Paris, 1803-Paris, 1869)

© RMN / G. Blot

Paul Huet
(Paris, 1803-Paris, 1869)

MD 1993-1
1840
Pinceau, lavis brun, sur traits de graphite
Don galerie J. Fischer - C. Kiener, 1993
H. 0,247 m ; L. 0,211 m
En bas à droite : cachet de la vente Paul Huet

Paul Huet partagea le goût de Delacroix, son très cher et vieil ami, pour l’aquarelle et le lavis, et reprit parfois à son compte certains de ses thèmes de prédilection : ici, le face-à-face entre Faust et Méphistophélès, d’après la célèbre pièce de Goethe qui inspira à Delacroix une suite lithographique et plusieurs peintures et dessins.

 

Paul Huet (1803-1869) et Delacroix

Très jeune, Paul Huet s’est formé auprès de Jean Deltil, ancien élève de David, et peint à L’Ile Séguin. Il fut ensuite élève de Guérin dont l’académisme le rebuta puis, à partir de 1819, dans l’atelier du baron Gros. En 1822, il entra enfin à l’Académie Suisse, où il fit la connaissance de Delacroix. En 1845, les deux amis se retrouvèrent dans les Pyrénées, aux Eaux-Bonnes, station thermale en vogue à l’époque. Ensemble, ils contemplèrent et traduisirent sur le papier les effets de brume et de soleil sur les montagnes. A la mort du maître en 1863, ce fut Paul Huet qui prononça un des deux éloges funèbres au cimetière du Père-Lachaise.

Paul Huet, maître du paysage romantique

L’admiration que Huet porta toute sa vie à son aîné, apparaît dans les œuvres du début de sa carrière, liée à l’influence de Théodore Géricault et, surtout, des paysagistes anglais, notamment Richard-Parkes Bonington, dont il est devenu l’ami vers 1826. Quelques années plus tard, découvrant la mer à Honfleur et fasciné par le spectacle des eaux en furie, il exécuta de nombreuses études de vagues qui lui servirent plus tard pour de grandes compositions telles que les Brisants à la pointe de Granville (Paris, musée du Louvre).

1830 marqua le début de sa notoriété. Sainte-Beuve lui consacra dans le Globe un article enthousiaste : "la nature avant tout, la nature en elle-même et avec toutes ses variétés de collines, de pentes, de vallées, de clochers à distance ou de ruines, la nature surmontée d’un ciel haut, profond et chargée d’accidents, voilà le paysage comme l’entend Paul Huet (...)".

Ses paysages tumultueux, dramatiques, révèlent une personnalité tourmentée qui, pour s’exprimer, a besoin de violents contrastes. S’il est le représentant le plus complet du paysage romantique, Huet fait aussi figure de précurseur. Certaines de ses œuvres de petit format, peintures, aquarelles ou pastels, restituant sans emphase et avec une grande économie de moyens, l’émotion sincère de l’artiste devant la nature, préfigurent les recherches d’un Corot, d’un Boudin ou d’un Jongkind. Le musée Delacroix possède une aquarelle de Paul Huet, Les roches noires à Trouville, et expose par roulement deux pastels Printemps à Bagatelle et Automne à Saint-Cloud prêtés par le département des Arts graphiques du musée du Louvre.

Documentation

René Paul Huet, Paul Huet (1803-1869) d’après ses notes, sa correspondance, ses contemporains, Paris, 1911

Pierre Miquel, Paul Huet. De l’aube romantique à l’aube impressionniste, Sceaux, 1962

Collectif, Paul Huet (1803-1869), catalogue exposition musée des Beaux-Arts, Rouen, 1965, Rouen : impr. Lainé, 1965

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