Musée National Eugène Delacroix
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Newton Fielding
Barque et canards au bord de l’eau

Newton Fielding
Londres, 1799 – Paris, 1856
Barque et canards au bord de l’eau
Aquarelle vernissée, plume et encre noire
H.0,189 m x l. 0, 268 m
Don de Madame Françoise Heilbrun, 2012 (MD 2012-5)

Newton, le cadet des quatre Fielding, fut, comme ses trois frères Théodore, Thalès et Copley, attiré à Paris vers 1821 par l’éditeur J-F. d’Ostervald pour exécuter les aquatintes et les aquarelles des Voyages pittoresques en Sicile (1821-1826) et des Excursions sur les côtes et dans les ports de Normandie (1823-1825) : les gravures des ouvrages nécessitaient en effet d’être esquissées à l’aquarelle, technique dont ils étaient passés maîtres, jouant des effets de la peinture à l’huile par l’apport de gouache et de gomme arabique.

 

Newton continua à représenter les intérêts familiaux à Paris avec l’aide d’apprentis anglais après le retour de Thalès à Londres en 1824. On sait par ailleurs que Thalès initia Delacroix à cette technique de l’aquarelle, probablement dans l’atelier qu’ils partagèrent au 20 rue Jacob en 1823-24 : de cette amitié subsistent les charmants portraits croisés qu’ils réalisèrent l’un de l’autre, accrochés avec celui de Newton, également peint par Delacroix, sur les cimaises du musée.
Dès 1827, Newton fut maitre de dessin chez le duc d’Orléans qui acquit de lui quelques aquarelles, malgré les critiques de ses œuvres exposées au salon de la même année. Ses aquarelles risquaient un mélange des genres qui n’était pas du goût académique…Il obtint une solide réputation de peintre animalier notamment à la suite de l’ouvrage publié par H. Gauguin sous le titre : Suite d’animaux. Sujets tirés des fables de La Fontaine dessinés et lithographiés par Newton Fielding. Les deux suites de lithographies, Croquis de Newton Fielding et Animals Drawn on stone, publiées en 1829 l’une chez Motte, l’autre chez Gihaut, confirmèrent son talent en images animalières.
En témoigne cette charmante scène de bord de l’eau acquise récemment par le musée : une barque posée sur la dune sous un faisceau de lumière, un écheveau de roseaux, et sur le rivage quelques canards aux couleurs de vert et d’ocre rehaussées par le vernis, les plumes marquées par des incisions dans la matière-même.
De retour en Angleterre en 1833, la carrière de Newton Fielding ne prit pas l’essor espéré. Curieusement, son influence sur d’autres peintres français s’est surtout propagée par l’intermédiaire des artistes qu’il avait formés à Paris (comme William Callow signant des aquarelles dans un carnet de dessins de Delacroix daté de 1832-33 (Sérullaz, Inventaire des dessins de Delacroix, musée du Louvre, n°1739).
Malade, Newton Fielding revint en France en 1855 et mourut le 13 janvier 1856 dans la misère. Devant le don que Delacroix, fidèle en amitié, lui avait fait quelques semaines auparavant, il lui avait écrit le 29 novembre 1858 : « Madame Pierret est venu[sic] hier au soir et elle m’a donné un billet de cent francs que vous avez eu la bonté de m’envoyer. Je n’ai pas besoin de vous dire combien cet argent m’est utile[…] ». Lee Johnson, Nouvelles lettres, William Blake and Co, 2000, p.119.
La vente après décès de Delacroix comporte pas moins de 27 aquarelles des deux frères Thalès et Newton.

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