Musée National Eugène Delacroix
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Henri-Théodore Fantin-Latour
Les Femmes d’Alger, d’après Eugène Delacroix

Henri-Théodore Fantin-Latour (1836-1904)
Les Femmes d’Alger, d’après Eugène Delacroix
Huile sur toile
1875
H. 74 x L. 93 cm
Don Société des Amis du Musée Eugène-Delacroix
MD 2015-9

 

« Ce petit poème d’intérieur, plein de repos et de silence… » Charles Baudelaire

Delacroix avait présenté au Salon de 1834 sa grande toile, Femmes d’Alger dans leur appartement, inspirée, selon lui, d’une visite qu’il put faire à Alger à l’intérieur d’un harem. Peint deux ans à peine après son retour, son tableau fut très vite célébré pour sa beauté sensuelle, pour le rythme de sa composition et de ses couleurs, pour la lumière irradiant les chairs des femmes alanguies. Delacroix offrait là une vision renouvelée du thème de l’odalisque, à la taille d’une peinture d’histoire. La vibrance des couleurs, le détail des objets se nourrissaient des souvenirs encore si présents de son voyage. L’œuvre fut acquise par l’État la même année et présentée au musée du Luxembourg. Elle rejoignit le Louvre en 1874 avec d’autres œuvres de Delacroix, dont La Liberté guidant le peuple.

L’ hommage de Fantin-Latour à Delacroix

Tout jeune peintre, Henri Fantin-Latour voua une vive admiration à l’œuvre d’Eugène Delacroix. Quelques semaines seulement après le décès du peintre, le 13 août 1863, il s’émut du peu de célébrations que sa disparition avait suscitées. Il conçut très vite le projet d’un hommage à son aîné, auquel il souhaita associer ses amis artistes, peintres et graveurs -Édouard Manet, James Abbott Whistler, Alphonse Legras-, comme les critiques de la génération qui le précédait, Jules Husson dit Champfleury et surtout Charles Baudelaire, fervent admirateur de la création de Delacroix. Le grand tableau de 1864, Hommage à Delacroix, conservé au musée d’Orsay-, a constitué depuis le modèle du tribut rendu par un artiste à l’un de ses prédécesseurs.

Un hommage renouvelé

C’est en copiste cette fois que Fantin-Latour exprima à nouveau son admiration pour Delacroix. Il était d’ailleurs, dès les années 1850, un visiteur assidu des galeries du Louvre. Observateur fidèle de la tradition picturale, il y copia les œuvres de Titien, Poussin, Greuze, Guido Reni, Véronèse ou Géricault. C’est ainsi qu’il réalisa cette belle interprétation des Femmes d’Alger peu de temps après l’entrée au Louvre de l’œuvre initiale, en 1875, comme indiqué dans le catalogue raisonné de l’artiste, ou en 1876 s’il faut en croire la mention qu’il en fit dans une lettre. Bien que plus petite que le tableau original -qui mesure près de deux mètres sur trois-, la toile est de belles dimensions, soulignant ainsi l’engagement du peintre. Très fidèle à la composition et au dessin de Delacroix comme à la gamme colorée choisie, elle témoigne de l’observation attentive du tableau et d’un vrai talent à en saisir la grâce. Seule la femme assise à gauche de la toile semble, par les traits de son visage, plus proche des modèles de Fantin-Latour que de ceux de Delacroix. L’hommage rendu à nouveau ici au peintre romantique par un artiste alors pleinement reconnu fut apprécié du vivant même de Fantin-Latour. Peu de temps après la mort de son auteur, ce tableau fut exposé à l’Exposition coloniale de Marseille en 1906 et reproduit au catalogue auprès d’autres œuvres orientalisantes de Delacroix lui-même.

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