Musée National Eugène Delacroix
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Nouvelles acquisitions 2015

2015, une très belle année d’acquisitions

Theodore Fielding
Theodore Fielding

Paysage de montagne, citadelle surplombant une rivière © 2015 Musée du Louvre- Harry Bréjat

Theodore Fielding
Theodore Fielding

Lac au pied d’une montagne © 2015 Louvre- Harry Bréjat.

Eugène DelacroixPierre Adam
Eugène Delacroix
Pierre Adam

Les trois nains littéraires © 2015 Musée du Louvre- Harry Bréjat

Eugène Delacroix
Eugène Delacroix

Etude pour Comédiens ou Bouffons arabes, détail© 2015 Musée du Louvre- Harry Bréjat

Eugène Delacroix
Eugène Delacroix

Les Muletiers de Tétouan, © 2015 Musée du Louvre- Harry Bréjat

Madeleine Dinès, née Madeleine Denis
Madeleine Dinès, née Madeleine Denis

La mort de Sardanapale, d’après Delacroix, © 2015 Musée du Louvre- Harry Bréjat

Eugène Delacroix
Eugène Delacroix

Le cardinal de Richelieu disant la Messe dans la chapelle du Palais Royal, détail © 2015 Musée du Louvre- Harry Bréjat

Eugène Delacroix
Eugène Delacroix

Esquisse pour le Portrait d’un homme de qualité et de son enfant, d’ap. Anton Van Dyck, © 2015 Musée du Louvre- Harry Bréjat

Henri Fantin-Latour
Henri Fantin-Latour

Les Femmes d’Alger, d’après Eugène Delacroix, Fantin-Latour, Henri © 2015 Musée du Louvre - Harry Bréjat

L’année 2015 a été particulièrement riche en acquisitions grâce à la générosité de l’Etablissement public du musée du Louvre et à l’engagement de la Société des Amis du musée Delacroix. Plusieurs oeuvres d’Eugène Delacroix particulièrement intéressantes du point de vue de leur intérêt et de leur qualité ont ainsi pu être acquises, comme la copie réduite du Cardinal Richelieu disant la messe dans la chapelle du Palais Royal et le dessin au lavis des Comédiens ou Bouffons arabes. Les charmantes aquarelles de Theodore Fielding viennent compléter l’évocation des relations artistiques du peintre dans les années 1820 et c’est la postérité d’Eugène Delacroix qu’évoque le beau témoignage de Fantin-Latour et sa copie lumineuse des Femmes d’Alger.


Théodore Fielding (1781-1851)
Lac au pied d ‘une montagne
Aquarelle, vers 1820
Achat, 2015 (MD 2015-1-1)
Paysage de montagne, citadelle surplombant une rivière
Aquarelle, vers 1820
Achat, 2015 (MD 2015-1-2)

Theodore est l’aîné des cinq fils du peintre Theodore Nathan Fielding. Il eut une carrière de peintre, aquarelliste et graveur et fut également théoricien de ses pratiques artistiques. On sait que la fratrie britannique s’installa progressivement à Paris à partir de 1820. Eugène Delacroix fut très proche des deux derniers membres de la fratrie, Thales notamment, avec qui il partagea un atelier rue Jacob au début des années 1820 et dont il réalisa le portrait, conservé au musée Delacroix. La fraîcheur lumineuse de ces paysages de montagne manifeste la parfaite maîtrise technique de l’aquarelliste. Les effets subtils d’ombre et de lumière marquent les reliefs comme les miroitements de l’eau avec délicatesse.



Eugène Delacroix (1798-1863) pour le dessin, Pierre Adam (1799-1853) pour la gravure
Les trois nains littéraires
Eau-forte colorée sur papier, 1815
Don Société des Amis du Musée Eugène Delacroix, 2015 (MD 2015-2)

Cette eau-forte est l’une des premières estampes réalisée par le tout jeune Delacroix. Il donna le modèle et Pierre Adam, son condisciple de l’atelier de Pierre-Narcisse Guérin, en fit la gravure. Le jeune artiste stigmatise ici les conservateurs qui se partagent les dépouilles du journal satirique, le Nain jaune, interdit par la Restauration. Ce journal politique était rédigé en opposition à l’esprit de ce régime, dénonçant les abus et les ridicules des personnages de l’époque, de tous partis. Avec humour et provocation, Delacroix joue sur la mesquinerie des singes, qui désacralisent sans scrupule le tombeau du défunt journal pour en usurper le travail.



Eugène Delacroix (1798-1863)
Etude pour les Comédiens ou Bouffons arabes

Graphite et rehauts de lavis
Achat, 2015 (MD 2015-3)

Cette belle étude au lavis est très proche de la composition définitive de la peinture des Comédiens ou Bouffons arabes exposée au salon de 1848 par Eugène Delacroix et donnée par l’Etat au musée de Tours. Le peintre n’a pas évoqué le paysage en arrière-plan pour laisser toute la place à la scène de musique populaire, « ces chants qui semblent venir de la pointe des cheveux », dont il a dû probablement être le témoin attentif et passionné lors de son voyage au Maroc en 1832 . Il en réalisa en fin de voyage une première aquarelle offerte au Comte de Mornay (Los Angeles, LACMA), puis une seconde en 1836 très similaire à ce dessin (Suisse, collection particulière) et à la peinture de Tours, malgré quelques variantes dans les personnages. Certains d’entre eux se retrouvent d’ailleurs croqués au crayon dans ses carnets de voyage, ou repris en peinture dans d’autres tableaux à sujets marocains, comme la Noce juive (Louvre) ou les Musiciens juifs de Mogador(Louvre).



Eugène Delacroix (1798-1863)
Les Muletiers de Tétouan
Lithographie, 1833, 2e état
Don Société des Amis du Musée Delacroix, 2015 (MD 2015-4)

Comme c’est le cas pour un grand nombre d’estampes réalisées par Delacroix à son retour du Maroc en juillet 1832, la version originale de cette œuvre est une aquarelle aujourd’hui conservée au musée de Laon. L’artiste a effectué quelques modifications entre les deux versions, en supprimant un personnage au premier plan de la composition et en déplaçant la scène en intérieur. S’inspirant à la fois des croquis et des notes pris dans ses carnets pendant son voyage et des souvenirs mêlant rêve et réalité, le peintre met ici l’accent sur les costumes et objets marocains qui l’ont tant fasciné et qu’il a rapportés, pour certains, au retour de son voyage.



Maurice Denis (1870-1943)
« D’Ingres naturaliste à Delacroix poète »
, article paru le 1er décembre 1833 dans le Journal des Arts
Autographe
Don de Claire Denis, 2015 (MD 2015-5)
« Opposer Delacroix coloriste à Ingres dessinateur, c’est méconnaître les qualités du dessin de Delacroix. » Ainsi commence l’article fort pertinent de Maurice Denis sur le geste créateur d’Eugène Delacroix. « L’un procède par analyse, […], l’autre aborde d’emblée la nature par la synthèse et porte plutôt sur la couleur ses facultés d’analyse. » Maurice Denis évoque bien sûr les facultés d’imagination et de mémoire sensible du peintre. Puis il termine sur sa méthode de dessin par la saillie, soit par oves successives, comme la décrit Louis de Planet ou René Piot. Fervent admirateur du peintre romantique, c’est à Maurice Denis que l’on doit la création du musée Eugène-Delacroix place de Fürstenberg qui sauva l’atelier, avec quelques amis peintres, d’une destruction certaine.


Madeleine Dinès, née Madeleine Denis (1906-1996)
La Mort de Sardanapale, d’après Delacroix

Huile sur toile, 1925 ?
Don de Claire Denis et Luc Denis, 2015 (MD 2015-6)

Cette toile témoigne du vif intérêt que Madeleine Dinès, quatrième fille de Maurice Denis, porta à l’œuvre de Delacroix. Peinte en 1827, la Mort de Sardanapale avait provoqué un véritable scandale au Salon. Cette peinture, qui a été réalisée à partir de l’esquisse reproduite dans l’ouvrage dédié à Delacroix qu’Etienne Moreau-Nélaton avait écrit en 1916, et offert à Denis, s’attache plus particulièrement à évoquer le tumulte de la scène et la composition en diagonale de l’original. C’est un don de la famille Denis au musée national Eugène-Delacroix, témoignage remarquable de la fidélité des héritiers de Maurice Denis envers le musée Delacroix qu’il avait créé à la fin des années 1920. .



Eugène Delacroix (1798-1863)
Le Cardinal Richelieu disant la messe dans la chapelle du Palais Royal
Huile sur toile, Signé en bas à droite : Eug Delacroix, c.1840
Achat, 2015 ( MD 2015-7)

Cette œuvre exceptionnelle est sans doute une copie, de la main du peintre, du grand tableau du Cardinal de Richelieu disant la messe dans la chapelle du Palais-Royal qui fut commandé à Eugène Delacroix, sans doute en 1828, par le duc d’Orléans -le futur Louis-Philippe. Le 24 janvier 1848, le tableau original disparut dans la mise à sac du Palais-Royal et n’est aujourd’hui connu que par sa gravure et par les œuvres qui lui sont associées, dont celle-ci est la plus belle. Cette disparition rend l’acquisition récente de sa variante par le musée Delacroix plus précieuse encore. Si le sujet et la composition d’ensemble sont les mêmes, le petit tableau nouvellement acquis offre avec la commande du duc d’Orléans de nombreuses différences, qui lui donnent une qualité singulière. Les visages, celui du cardinal notamment, sont à peine esquissés, contrastant avec la place donnée à la couleur, au rouge cardinal, en particulier, qui exacerbe la théâtralité du tableau. Cette version fut réalisée par Delacroix pour son amie, la peintre Louise Rang-Babut. Dans la collection du dernier appartement et dernier atelier de l’artiste, cette œuvre magnfique , doublement liée, par son commanditaire initial et par son sujet, à l’histoire de France, est ainsi également une œuvre intime.
En savoir plus : http://www.musee-delacroix.fr/fr/le...


Eugène Delacroix (1798-1863)
Esquisse pour le Portrait d’un homme de qualité et de son enfant, d’ap. Anton Van Dyck
Huile sur toile
Achat, 2015 (MD 2015-8)

Eugène Delacroix, tout jeune, fréquenta le musée du Louvre. Il put ainsi se confronter directement à la tradition picturale. Le musée fut pour lui une source continue de références et d’inspiration. Cette copie d’après Van Dyck vient enrichir la collection d’esquisses d’après les maîtres de la collection du musée Delacroix telle que l’étude de reliures, veste orientale et figures d’après Goya, ou L’Echelle de Jacob d’après Rubens.



Henri-Théodore Fantin-Latour (1836-1904)
Les Femmes d’Alger dans leur appartement d’après Eugène Delacroix
Huile sur toile, 1875
Don Société des Amis du musée Eugène Delacroix, 2015 (MD 2015-9)

Henri Fantin-Latour fut, comme les peintres de sa génération, ceux désignés par Edmond Duranty comme les représentants d’une Nouvelle Peinture, voua une vive admiration à l’œuvre d’Eugène Delacroix. Dès l’automne 1863, peu après le décès du peintre, il entreprit la réalisation de son grand Hommage à Delacroix (conservé au Musée d’Orsay). Il réalisa cette œuvre magnifique, acquise grâce à un don généreux de la Société des Amis du Musée, vers 1875, d’après Les Femmes d’Alger de Delacroix (Musée du Louvre). Il est ici très fidèle à la composition de l’original de Delacroix, tout en évoquant les modèles de Fantin, notamment la femme isolée sur la gauche de la composition. Ce beau tableau fut mentionné par le peintre dans sa correspondance et exposée de son vivant à plusieurs reprises. Cette acquisition exceptionnelle prend toute sa place au sein du musée Delacroix, créé en hommage au peintre par Maurice Denis et la Société des Amis d’Eugène Delacroix. Les objets rapportés du Maroc par Delacroix en 1832, conservés au musée grâce au don de Madame Etienne Cournault, viennent également l’éclairer.

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