Musée National Eugène Delacroix
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Newton Fielding
Oiseaux au bord d’un étang

Louvre/Angèle Dequier
Louvre/Angèle Dequier

2011

Newton Fielding
Londres, 1799 – Paris, 1856
Oiseaux au bord d’un étang
Aquarelle vernissée, plume et encre noire
H. 12,5 x L. 21 cm
Don de la Société des Amis du musée Eugène Delacroix (MD 2011-4)

Comme ses trois frères, tous aquarellistes, graveurs et professeurs de dessin, Théodore (1781-1851), Thalès (1793-1837), et Copley (1787-1855), le cadet Newton fut attiré à Paris par l’éditeur J-F. d’Ostervald, vers 1821, pour exécuter les aquatintes et les aquarelles des Voyages pittoresques en Sicile (1821-1826) et des Excursions sur les côtes et dans les ports de Normandie (1823-1825) : les gravures des ouvrages nécessitaient en effet d’être esquissées à l’aquarelle, technique dont ils étaient passés maîtres, jouant des effets de la peinture à l’huile par l’apport de gouache et de gomme arabique. Thalès initia d’ailleurs Delacroix à cette technique et l’on sait l’amitié réciproque des deux peintres : leurs portraits croisés réalisés l’un de l’autre sont accrochés avec celui de Newton, peint par Delacroix, sur les cimaises du musée.

Thalès revenu à Londres en 1824, Newton continua à représenter les intérêts familiaux à Paris avec l’aide d’apprentis anglais. Dès 1827, il est maitre de dessin chez le duc d’Orléans qui acquiert de lui quelques aquarelles, malgré les critiques de ses œuvres exposées au salon de la même année. Ses aquarelles risquaient un mélange des genres qui n’était pas du goût académique…

Il acquit une solide réputation de peintre animalier notamment à la suite de l’ouvrage publié par H. Gauguin sous le titre : Suite d’animaux. Sujets tirés des fables de La Fontaine dessinés et lithographiés par Newton Fielding. Les deux suites de lithographies, Croquis de Newton Fielding et Animals Drawn on stone, publiées en 1829 l’une chez Motte, l’autre chez Gihaut, confirment son talent en images animalières qui, parfois, possèdent un caractère fantasque très prononcé, éloigné des mises en scène d’un Landseer, Barye ou Delacroix. Ce n’est d’ailleurs pas le cas de ces Oiseaux au bord d’un étang qui évoluent dans une atmosphère sagement réaliste aux tons de bleus-gris et d’ocres lumineux, si typiques du peintre britannique.

De retour en Angleterre en 1833, sa carrière ne prend pas l’essor espéré. Curieusement, son influence sur d’autres peintres français s’est surtout propagée par l’intermédiaire des artistes qu’il avait formés à Paris (comme William Callow signant des aquarelles dans un carnet de dessins de Delacroix daté de 1832-33 (Sérullaz, Inventaire des dessins de Delacroix, musée du Louvre, n°1739). Malade, Newton Fielding revient en France en 1855 et meurt le 13 janvier 1856 dans la misère. Devant le don que Delacroix, fidèle en amitié, lui avait fait quelques semaines auparavant, il lui avait écrit le 29 novembre 1858 : « Madame Pierret est venu[sic] hier au soir et elle m’a donné un billet de cent francs que vous avez eu la bonté de m’envoyer. Je n’ai pas besoin de vous dire combien cet argent m’est utile[…] ». Lee Johnson, Nouvelles lettres, William Blake and Co, 2000, p.119.

La vente après décès de Delacroix comporte pas moins de 27 aquarelles des deux frères Thalès et Newton.

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