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Sabre Marocain
Nimcha

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Cet objet provient de la collection personnelle d’objets orientaux d’Eugène Delacroix. Le peintre l’a constituée principalement lors de son voyage au Maroc et en Algérie en 1832, afin de pouvoir s’en servir à la fois pour créer sa palette de couleur, mais également pour peindre les décors d’après ce qu’il avait vu. Les sabres se répandirent dans le monde islamique avec la conquête des peuples turcs. Elles étaient redoutées sur les champs de bataille, la courbure de la lame permettant lors d’une frappe un effet vertical (de hache) et horizontal (de scie).

Un type d’arme typique du Maroc

Ce sabre est une arme de guerre et non d’apparat. Il correspond au type traditionnel marocain dit nimcha reconnaissable à la forme de la poignée, encore en usage aujourd’hui dans l’armée marocaine, et qui serait dérivée d’un type d’épée italienne du 15e siècle. La lame de notre objet, elle, est européenne, reconnaissable pour un spécialiste à ses détails (courbure, forme des creux dans la lame - appelés gouttière, la présence d’un poinçon de fabricant). Il était fréquent dans le monde islamique du 16e au 19e siècle de monter avec une poignée locale une lame européenne d’export, notamment en Inde et au Maghreb. Les échanges commerciaux entre occident et orient étaient en effet importants en dépit des confrontations militaires régulières.

Un objet usuel

La comparaison de cette nimcha (le nom est féminin en français) avec les quelques nimchas anciennes connues montre qu’elle est d’une qualité standard. Il ne s’agit pas d’une arme d’apparat, mais plutôt de l’équipement du guerrier marocain de base. En cela elle témoigne du goût du peintre pour la vie des gens du commun qui peuplent ses carnets du Maroc.

Bibliographie

Delacroix, Objets dans la peinture, souvenir du Maroc, cat exp. (Paris musée national Eugène Delacroix), Paris, 2014