FERMER
arrow left notice
Eugène Delacroix

Lionne prête à s’élancer

1863
arrow right notice
zoom img

Avec la Lionne prête à s’élancer, peinte dans l’atelier du peintre en 1863, à la toute fin de sa vie, pour sa gouvernante Jenny Le Guillou, Delacroix clôt de façon magistrale sa réflexion entamée dès sa jeunesse autour des études animalières et plus particulièrement autour des félins.

Une influence marocaine palpable

Les souvenirs du voyage de Delacroix au Maroc en 1832 sont très présents dans ce tableau : la touche est large, vibrante et rend ainsi palpable toute la tension de l’animal. Dans le paysage où l’on distingue des réminiscences d’Afrique du Nord évidentes, il n’y a pas de différence de traitement pour le ciel, la terre ou les rochers si ce n’est dans les teintes. Jamais Delacroix n’a su être aussi vrai dans le rendu de l’attitude du félin aux aguets, toutes griffes dehors, prêts à bondir.

Le corps de la lionne est esquissé à petits coups de pinceaux rapides cherchant à rendre la sensation du pelage avec, dans un camaïeu de bruns, un jeu d’ombres et de lumières très maîtrisé pour restituer le volume et la tension de l’animal.

Un tableau imaginé

Combien il est nécessaire de se secouer de temps en temps, de mettre la tête dehors, de chercher à lire dans la création, qui n’a rien de commun avec nos villes et avec les ouvrages des hommes ! Certes cette vue rend meilleur et plus tranquille.

Eugène Delacroix, Journal, 19 Janvier 1847

Eugène Delacroix appréciait arpenter le Jardin des Plantes et y croquer les fauves en compagnie de son ami le sculpteur Antoine-Louis Barye (1796-1875). Ainsi, cette lionne dans son paysage africain fut peinte non pas au Maroc durant le voyage du peintre mais des années plus tard, en s’inspirant des félins du jardin des Plantes et des souvenirs de l’artiste.