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Pichet à une anse

ghoraf

Fonte à pistolet

Vièle

rabâb
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Eugène Delacroix chercha, dès les premières semaines de son voyage au Maroc, à réunir des objets qui lui offriraient de conserver vivaces les souvenirs éblouis de son périple de 1832, auprès de la mission diplomatique française conduite par le comte de Mornay. Il conserva l’ensemble de ces objets dans son atelier et les utilisa comme sources d’inspiration à ses tableaux marocains. Soucieux de leur préservation, il les légua au peintre Charles Cournault ; c’est le petit-fils de Charles, Etienne Cournault, qui les prêta au peintre Maurice Denis (1870-1943), fondateur du musée, pour l’exposition inaugurale, Delacroix et ses amis, en juin 1932.

Cette belle collection fut et demeura ainsi une collection de peintres.

La Fonte à pistel est une fonte, un élément de harnachement de cheval destiné à recevoir des objet, notamment des armes que le cavalier ne peut garder à la main en permanence. Ici il s’agit d’une fonte pour deux pistolets. Au début du 19e siècle, les cartouches n’ont pas encore été inventée, les pistolets ne tirent qu’un seul coup et se chargent lentement par l’avant (la gueule). Les armées du monde islamique, notamment au Maroc, pratiquent une technique de combat où une troupe de cavaliers charge en masse l’ennemi, tire de toute ses armes dès qu’elle est à portée et bat en retraite pour recharger ses armes. Cette méthode, inventée en Europe au 16e siècle alors connue sous le nom de Caracolle perdure au Maghreb. Elle nécessite d’avoir un fusil et plusieurs pistolets chargés avant l’attaque.

Eugène Delacroix à assisté à plusieurs reprise à une version d’exhibition des exercices de cavalerie servant à entraîner les cavaliers à ce type de combat. Il les nomme course à la poudre, on les désigne couramment sous le nom de baroud ou fantasia.

Cette fonte est un objet de qualité comme le montre la présence d’un décor de fils brodés assez riche et soigné. A l’époque, les armes à feu coûtent cher et pour s’offrir un cheval et une paire de pistolet, il faut disposer de revenus élevés. On peut supposer que l’objet a été fait pour l’usage d’un officier marocain.

Bibliographie

Dominique de Font-Réaulx (dir.), Delacroix, Objets dans la peinture, souvenir du Maroc, catalogue d’exposition (musée Eugène-Delacroix, automne 2014), Louvre/Le Passage, 2014.