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En 2018, la collection du musée national Eugène-Delacroix s’est enrichie de six œuvres remarquables grâce à une donation de Jean-Pierre Galland, en mémoire de son père, grand collectionneur des œuvres du peintre. La plupart d’entre elles figurent dans l’atelier d’Eugène Delacroix, 6 rue de Fürstenberg, à sa mort et sont vendues à l’Hôtel Drouot, à Paris, en 1864

Trois études préparatoires pour des décors de Delacroix

Au début des années 1850, Delacroix reçoit la commande d’un ensemble de peintures destinées à orner le Salon de la Paix de l’Hôtel de Ville de Paris. Hercule ramenant Alceste du fond des Enfers est une maquette pour un des tympans cintrés qui formaient une frise entre les portes, les fenêtres et la cheminée du Salon. Cette étude montre que Delacroix a conçu sa composition en fonction de cette forme architecturale. La scène représente Hercule ramenant Alceste du fond des Enfers. Elle constitue un précieux témoignage des décors disparus lors de l’incendie de l’édifice pendant la Commune en 1870.

Peinte pour le décor de la bibliothèque de la Chambre des députés dans les années 1840, La Drachme du tribut illustre un épisode de pêche miraculeuse issu de l’Evangile selon Matthieu. La scène relate la découverte par saint Pierre d’une pièce de monnaie dans l’ouïe d’un poisson. Des pêcheurs s’approchent, stupéfiés par le prodige. L’œuvre porte la trace de repentirs, signe que le peintre y est revenu plusieurs fois. On devine quelques traits du dessin original, sans doute à la plume, à peine dissimulés sous la composition à l’huile, témoins du processus d’élaboration de l’œuvre.

Enfin, un dessin préparatoire pour le décor du Salon du Roi à l’Assemblée nationale vient enrichir le fonds du musée national Eugène-Delacroix, qui comprend déjà plusieurs projets relatifs à ce décor, première commande civile passée à Delacroix en 1834.

Des œuvres en lien avec la collection du musée Delacroix

Delacroix dédie à Dante sa première grande toile, présentée au Salon de 1822, Dante et Virgile aux Enfers (Paris, musée du Louvre). L’étude pour la Tête de Dante, donnée par Jean-Pierre Galland n’est pas répertoriée par les auteurs successifs des catalogues raisonnés de l’œuvre de Delacroix. C’est également le cas de La Mort de Caton, copie d’après le tableau de François-André Vincent qu’Alfred Bruyas avait donné au musée Fabre à Montpellier en l’attribuant peut-être à tort à Delacroix. Il s’agit sans doute d’une étude faite par Pierre Andrieu, l’assistant de Delacroix qui l’aurait offerte au maitre.

L’aquarelle Robe arabe vient conclure ce généreux don. Elle pourrait avoir été réalisée par Delacroix avant son séjour au Maroc, peut-être inspirée par des vêtements rapportés par son ami Jules-Robert Auguste lors de son voyage en Orient. Au sein du musée national Eugène-Delacroix, elle prend place aux côtés des objets et textiles marocains acquis par le peintre en 1832.