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Paysage
Eugène Delacroix

Le cardinal de Richelieu disant la messe dans la chapelle du Palais-Royal

Les Muletiers de Tétouan
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Réplique du grand tableau du Cardinal de Richelieu disant la messe dans la chapelle du Palais-Royal qui avait été commandé à Eugène Delacroix, en 1828, par le duc d’Orléans - le futur Louis-Philippe, roi des Français - cette œuvre est exceptionnelle à bien des titres. Témoin insigne du grand tableau disparu, elle évoque avec pertinence la confusion des pouvoirs temporel et spirituel de l’homme d’Etat.

Un sujet passionnant

Le duc d’Orléans rassemblait pour sa galerie historique du Palais-Royal des œuvres liées à l’histoire du lieu, de sa construction par le cardinal de Richelieu jusqu’au début du XIXe siècle. La scène du grand tableau du Cardinal de Richelieu disant la messe dans la chapelle du Palais-Royal représentée par Delacroix semble évoquer un épisode de 1635, soulignant combien l’homme d’Église était aussi soldat.

De grandes dimensions – plus de deux mètres par un mètre et trente centimètres – le tableau fut exposé au Salon de 1831. Il avait occupé Delacroix pendant plusieurs mois, s’il faut en croire la lettre qu’il écrivit à son ami Charles Soulier : Je dirais que le maudit tableau du duc d’Orléans m’a tenu trois grands mois. Il avait par ailleurs également écrit à son ami peintre Louis de Schwiter pour lui demander de copier pour lui la tête du cardinal d’après la grande œuvre de Philippe de Champaigne du Louvre.

La qualité singulière de ce petit tableau

Le 24 janvier 1848, le tableau disparaît dans l’incendie du Palais-Royal. Il n’est aujourd’hui connu que par sa gravure et par les œuvres qui lui sont associées. La disparition de l’œuvre rend la réplique de Delacroix plus précieuse encore. Si le sujet et la composition d’ensemble sont les mêmes, le petit tableau offre avec la commande du duc d’Orléans de nombreuses différences, qui lui donnent une qualité singulière.

L’introduction de colonnes torses lui confère un rythme plus fort. Ces colonnes n’existaient pas au Palais-Cardinal, sous Richelieu, mais sont proches de l’architecture du Val-de-Grâce, construit après la mort du premier ministre de Louis XIII. La présence de la figure du hallebardier, au premier plan à gauche, tournant le dos au spectateur, exalte la tension dramatique de la peinture. La main sur son mousquet, il semble prêt à intervenir si la vie de son maître était en danger, contrevenant ainsi aux usages religieux, mais demeurant fidèle à la volonté du redoutable homme d’État. Les visages, celui du cardinal notamment, sont à peine esquissés, contrastant avec la place donnée à la couleur, au rouge cardinal, en particulier, qui exacerbe la théâtralité du tableau. Plus qu’une peinture religieuse, ce petit tableau relève ainsi plutôt de la peinture d’histoire.

Bibliographie

  • André Joubin, Correspondance générale d’Eugène Delacroix, Paris 1935, tome 1
  • Dominique de Font-Réaulx, Grande Galerie, Journal du Louvre, Un Delacroix historique, la légende du cardinal , n°33, septembre-novembre 2015