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Portrait d'Eugène Delacroix
Eugène Delacroix

Portrait de Thales Fielding

Vers 1824
Portrait de Delacroix d’après son Autoportrait des Offices
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Les deux portraits de Thales Fielding par Eugène Delacroix et d’Eugène Delacroix par Thales Fielding, peints l’un et l’autre vers 1824-1825, constituent un témoignage émouvant d’une amitié qui compta fort pour chacun des deux artistes. Les deux jeunes gens posèrent l’un pour l’autre avant que le retour de Fielding en Angleterre en 1824, après plus de trois années à Paris, ne les sépare.

La naissance d’une amitié 

La famille Fielding s’installe à Paris dans les années 1820. Tous peintres, les Fielding enseignent la lithographie et l’aquarelle, tout d’abord dans leur atelier de la place Dauphine, puis au 20 rue Jacob. Delacroix les rencontre par l’intermédiaire de son ami Charles Soulier, qui avait vécu en Angleterre. Des cinq frères Fielding, tous peintres, aquarellistes et graveurs, c’est de Thalès que Delacroix a été le plus proche. Ce dernier lui propose de partager son atelier. Leur amitié était vive ; dans son Journal, Delacroix évoque souvent la présence du peintre anglais à ses côtés.

Au Salon de 1824, comme d’autres peintres anglais, Thalès Fielding expose neuf œuvres, dont une petite aquarelle représentant Macbeth rencontrant les sorcières sur la bruyère à l’élaboration de laquelle Delacroix a participé et que Stendhal a particulièrement admirée.

Deux portraits sensibles

Afin de conserver un témoignage émouvant de leur amitié, les deux peintres choisirent de faire leur portrait respectif. Delacroix donne à son ami une expression vive, met en valeur son regard clair. Brossé d’une touche enlevée, le tableau souligne le talent du jeune peintre. Chacun conserva le portrait de son ami : le Portrait de Thalès Fielding par Delacroix fit partie de la vente posthume de son atelier à l’hôtel Drouot en 1864.

De retour en Angleterre en octobre 1824, Thalès Fielding a poursuivi une carrière moins brillante que celle de son ami. Paysages ou sujets littéraires plutôt que portraits, ses œuvres ont été régulièrement exposées à la Société royale des peintres en aquarelle, où il a été élu en 1829, ainsi qu’à la British Institution. Il fut nommé professeur à l’Académie militaire royale de Woolwich.

Bibliographie

  • Christophe Leribault, Deux portraits d’amitié réunis, dans Gazette de l’Hôtel Drouot, 8 mai 2009.
  • Christophe Leribault, Portraits croisés au Musée Delacroix, Grande Galerie, 2009.