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Portrait équestre de Sa Majesté le roi de Westphalie, Jérôme Bonaparte, d’après Antoine Jean Gros
Eugène Delacroix

Orphée venant policer les Grecs et leur enseigner les arts de la paix

1838-1847
Charles Quint au monastère de Yuste
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Cette Etude pour l’hémicycle d’Orphée venant policer les Grecs et leur enseigner les arts de la paix a été réalisée entre 1838, date à laquelle Delacroix reçoit la commande du décor du plafond de la bibliothèque de l’Assemblée nationale, et 1847. Orphée pacifie hommes et animaux grâce à sa lyre. Il apporte aux grecs les bienfaits des arts et de la civilisation. Il s’oppose à la représentation caricaturale des hommes soumis aux misères de l’état de nature : pâtres et chasseurs, enfants, vieillards et satyres, centaures, vêtus de peaux de bêtes, semblent arrêtés, comme figés devant le musicien. Deux personnages centraux traversent l’azur : il s’agit des deux divinités des Arts et de la Paix. Cérès, chargée d’épis, apporte la fécondité, tandis que Pallas tient dans sa main un rameau d’olivier.

Un drame écossais - De la maquette à sa réalisation

 Ce tableau prend de la grandeur et de la simplicité. Je crois que c’est ce que j’ai fait de mieux dans le genre,  note Delacroix le 4 mars 1848, alors qu’il a achevé l’œuvre finale, sur le plafond de la bibliothèque de l’Assemblée nationale. Si cette étude n’est qu’une première pensée pour l’œuvre définitive, peinte sur un hémicycle de 6,80m de diamètre, elle est toutefois assez proche de la composition finale. Il s’agit d’une des rares esquisses ayant conservé son état original, c’est-à-dire en forme semi-hémisphérique. C’est Louis-Philippe, sur le conseil de son ministre Adolphe Thiers, qui commanda à Delacroix dès 1833 la décoration du Palais Bourbon. Après les peintures du salon de l’Assemblée, qui enthousiasment les députés, vient le plafond de la bibliothèque, auquel le peintre a consacré dix ans de sa vie.

Entre barbarie et civilisation

L’ensemble des décors du plafond de la bibliothèque constitue un vaste ensemble lié par une même thématique : les deux hémicycles, les cinq coupoles, et les vingt pendentifs hexagonaux déroulent l’histoire de la civilisation antique.
Le peintre montre ici son admiration pour l’Antiquité, et représente les différents arts (législation, théologie, poésie, philosophie et sciences). Cette correspondance entre les arts était chère au peintre, ainsi qu’à son grand admirateur Charles Baudelaire. Alors qu’Orphée symbolise la civilisation vertueuse, l’hémicycle qui lui fait face représente une scène de barbarie avec Attila, suivi de ses hordes barbares, foulant aux pieds l’Italie et les Arts.
La lutte entre barbarie et civilisation est une thématique chère au peintre, présente jusque sur la façade de son atelier de la place Fürstenberg, où les moulages du sarcophage des muses s’opposent aux luttes de Thésée.

Bibliographie

  • Maurice Sérullaz, Delacroix Peintures murales, Paris, 1963
  • Dominique de Font-Réaulx (dir.), Delacroix et l’Antique, Paris, Editions du Louvre/Editions du Passage, 2015, catalogue de l’exposition du musée national Eugène-Delacroix, décembre 2015- mars 2016