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Théodore Géricault

Portrait équestre de Sa Majesté le roi de Westphalie, Jérôme Bonaparte, d’après Antoine Jean Gros

Vers 1812-1814
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Le musée Delacroix a acquis, par préemption en vente publique en novembre 2013, une œuvre de Théodore Géricault, copie d’un tableau d’Antoine Jean Gros. Géricault, ami et inspirateur de Delacroix, qui ici s’approprie la fougue de Gros, prend tout son sens entre ces murs.

Géricault, un modèle pour Delacroix

Théodore Géricault, qui défia très tôt les usages de la peinture d’histoire (Officier de la garde, 1812), tâcha néanmoins de se soumettre au joug académique dans l’atelier de Pierre Narcisse Guérin (1774-1833) afin de préparer le Prix de Rome, auquel il échoua en 1816. Ce fut dans cet atelier, où se forma une partie de la génération romantique, qu’il fit la connaissance du jeune Eugène Delacroix. Géricault demeura, pour Delacroix, un modèle auquel il ne cessa de faire référence dans ses écrits.

Géricault nourrissait une très grande admiration pour les œuvres d’Antoine Jean Gros (1771-1835), élève de Jacques Louis David, auteur des Pestiférés de Jaffa (musée du Louvre, 1804) et de la Bataille d’Eylau (musée du Louvre, 1808).

La manière singulière de Géricault

Géricault reprend ici le portrait équestre du frère de Napoléon Ier, Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie, que Gros avait exposé au Salon de 1808 (château de Versailles). Ce fut sans doute quelques années plus tard, au sein même de l’atelier de Gros, qu’il effectua différentes copies de cette œuvre, sans doute d’après une esquisse que Gros avait conservée. La présence de Géricault dans l’atelier de Gros témoignait des liens étroits qui s’étaient établis entre les deux artistes que la critique, pourtant, avait opposés.

Fidèle à la composition d’ensemble de la toile initiale, Géricault apporte sa manière singulière à l’exécution de l’arrière-plan : les violences du champ de bataille sont évoquées par une nuée rougeoyante. Il a donné au cheval, très tôt un de ses motifs favoris, une puissance et une vivacité accrues.

L’entrée de cette toile dans la collection du musée Delacroix met en valeur la profonde estime que porta, toute sa vie, Delacroix à ses deux aînés. En effet, il partagea avec Géricault son très grand intérêt pour Gros, à qui il consacra un article, publié le 1er septembre 1848 dans La Revue des Deux Mondes. Dans les notes préparatoires à cet écrit, il indiquait : Gros est l’artiste inspiré par excellence.

Bibliographie

Dominique de Font-Réaulx, Un Géricault chez Delacroix in Grande Galerie, n°26, décembre 2013 - février 2014.