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Eugène Delacroix

Madeleine dans le désert

1845
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« Voici la fameuse tête de la Madeleine renversée, au sourire bizarre et mystérieux, et si naturellement belle qu’on ne sait pas si elle est auréolée par le mort, ou embellie par les pâmoisons de l’amour divin. »

(Charles Baudelaire (1821-1867), Salon de 1845)

La Madeleine dans le désert est l’un des chefs-d’œuvre de la collection du musée Delacroix. Le peintre l’exposa deux fois, soulignant combien elle lui était chère : au Salon de 1845, puis à l’Exposition Universelle de 1855.
Elle était une des œuvres de Delacroix préférées du poète et critique Charles Baudelaire (1821-1867).

Dans cette toile énigmatique, Delacroix parvient à lier sacré et profane, pâmoison amoureuse et extase religieuse, laissant la place à toutes les interprétations, à toutes les rêveries.

Une œuvre insolite et unique

A propos de cette version singulière de l’histoire de Madeleine, ancienne prostituée et figure sacrée, amoureuse du Christ, Baudelaire ajouta : Nul, à moins de la voir, ne peut imaginer ce que l’artiste a mis de poésie intime, mystérieuse et romantique dans cette simple tête.

Depuis son exposition au Salon de 1845, ce tableau n’a jamais laissé indifférent ; œuvre insolite, elle est unique dans la production religieuse de Delacroix par l’intensité émotionnelle qui émane du personnage au regard et au sourire énigmatiques. Elle compose une lumineuse apparition, rehaussée par des tons inspirés des œuvres du peintre Pierre-Paul Rubens (1577-1640) sur un fond de paysage sombre et austère.

L’attachement de Delacroix à sa Madeleine

Delacroix avait peint, probablement peu avant 1845, une Madeleine en prière (Winterthur, collection Oskar Reinhart), plus conforme stylistiquement de ses autres œuvres d’inspiration religieuse. Il avait également offert à la sainte une place remarquable dans la Pietà qu’il peignit, à la même époque, au sein de l’église parisienne de Saint-Denys-du-Saint-Sacrement.

Il ne fait aucun doute qu’il attachait beaucoup d’importance à cette Madeleine ; il tint à l’inclure dans la sélection des œuvres présentées lors de son exposition personnelle à l’Exposition Universelle de 1855.

Bibliographie

  • Charles Baudelaire, La vie et l’œuvre d’Eugène Delacroix, Paris, FB Editions, 2014.
  • Arlette Sérullaz, Acquisitions in Revue du Louvre, I – 1991
  • L’œil de Baudelaire, catalogue d’exposition, Paris, musée de la Vie Romantique, Paris, Paris Musées.