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Etude pour Le Christ au Jardin des Oliviers
Eugène Delacroix

Annonciation

1841
Etude pour la vierge du Sacré-Cœur
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À l’origine confiée au peintre Robert Fleury qui s’en décharge et le recommande à sa place, Delacroix reçoit officiellement, le 4 juin 1840, la commande d’un tableau pour la chapelle de la Vierge de l’église Saint-Denys-du- Saint-Sacrement, rue de Turenne dans le quartier du Marais à Paris.

Un projet bien discuté

Delacroix propose alors deux projets, une Annonciation - le modello conservé au musée Delacroix - et une Pietà pour laquelle il avait une nette préférence. Le musée Eugène Delacroix conserve sept lettres relatives à cette commande que le peintre adressa à Augustin Varcollier (1795-1882), alors chef de la division des Beaux-Arts à la préfecture de la Seine. Elles témoignent des exigences des commanditaires et des difficultés qu’eut le peintre pour imposer son idée. Delacroix réalisa l’une de ses œuvres religieuses les plus émouvantes, une Pietà, inspirée par les œuvres de Titien.

L’Annonciation

Delacroix renouvelle ici l’image de ce thème classique. Deux grands pans de rideaux écartés par des anges - l’un d’eux regarde le spectateur, encadrent la scène, pourtant empreinte de simplicité, comme pour la théâtraliser. Les couleurs restreintes, un camaïeu de rouges et de verts, sont chaudes et profondes. Seuls l’ange et sa nuée apportent un éclairage qui serait d’ordre essentiellement divin. La petite porte au fond, ouverte sur la campagne, est assez étrange et sans doute fortement symbolique.

Cette œuvre évoque l’instant où l’ange Gabriel, le doigt pointé vers le ciel et vers Dieu, dont il est le messager, tenant dans la main droite une branche de lys symbole de virginité, annonce à Marie qu’elle sera la mère du Sauveur. Elle offre humblement son consentement, la main délicatement posée sur son cœur, l’arrondi du sein bientôt fertile dessiné par son manteau bleu.

Charles Baudelaire (1821-1867), qui admirait beaucoup l’œuvre de Delacroix ne fut pas insensible à ce petit tableau. Il en parle ainsi dans l’un des trois articles qu’il publia dans l’Opinion nationale après la mort du peintre, les 2 septembre, 14 et 22 novembre 1863 : J’ai vu une petite Annonciation de Delacroix, où l’ange visitant Marie n’était pas seul, mais conduit en cérémonie par deux autres anges, et l’effet de cette cour céleste était puissant et charmant.

Bibliographie

  • Etienne Moreau-Nélaton, Delacroix raconté par lui-même, Paris, 1916, tome 1
  • Sous la direction de Dominique de Font-Réaulx, Une lutte moderne, de Delacroix à nos jours, Paris, Le Passage/Louvre, 2018