MD 1996-14
1850
Pastel
Don, 1996
H. 0,985 m ; L. 0,790 m
Signé et daté en bas à droite : Riesener/ Léon/ 1850
Léon Riesener est un des cousins de Delacroix du côté maternel. Leur grand-mère, Françoise-Marguerite, avait épousé en premières noces l'ébéniste Jean-François Oeben. Trois filles naquirent de cette union, dont Victoire, mère de Delacroix. A la mort de Jean-François Oeben, Françoise-Marguerite se remaria avec un autre ébéniste, Jean-Henry Riesener. Leur fils, Henry-François, eut une carrière artistique couronnée de succès (il fut le portraitiste en vogue à la cour des tsars). Formé par son père au métier de peintre, Léon a été quelque peu dominé par son illustre cousin, sans paraître en éprouver de l'amertume. La correspondance échangée entre eux l'atteste. Delacroix à sa mort lui légua une somme de 20 000 francs et la maison qu'il avait achetée à Champrosay.
On doit à Léon Riesener de nombreux portraits, dont ceux de sa famille, réalisés à l'huile ou au pastel, une de ses techniques de prédilection. Parmi ceux-ci, l'un des plus célèbres est celui de sa femme, le Portrait de Madame Léon Riesener, née Laure Peytouraud, aux teintes délicates à dominantes de roses, que le département des Arts graphiques du musée du Louvre prête régulièrement au musée Delacroix. Le nom de Riesener est également associé à Paris au programme décoratif de la bibliothèque du palais du Luxembourg (actuel Sénat ; 1840-1848), à celui de la chapelle de l'hospice de Charenton (1843-1849) et à l'église Saint-Eustache (1854-1857). Ami de Fantin-Latour et de Berthe Morisot, Riesener fut apprécié par les impressionnistes. Degas acheta à sa vente posthume 75 de ses dessins.
Léon Riesener à Valmont
Ce portrait au pastel de Félicie Bornot, épouse du cousin de Léon Riesener, Louis-Auguste Bornot, atteste l'étroitesse du lien qui unissait Riesener à sa famille : il venait à Valmont en voisin car sa mère habitait Rouen. Il y réalisa un certain nombre de dessins, notamment ceux de la bibliothèque, de l'escalier qui y conduit ainsi que d'un autel de l'église devant un vitrail. Il y séjourna en compagnie de son cousin Eugène Delacroix, notamment en 1829 ; jamais, la notoriété de ce dernier ne parut affecter les sentiments fidèles et affectueux qui unissaient les deux cousins.
Geneviève Viallefond, Le peintre Léon Riesener (1808-1878), sa vie, son œuvre avec des extraits d'un manuscrit inédit de l'artiste, Paris, 1955
Jean Bergeret, "Les bénédictines de Lisieux à Valmont. Souvenir d'Eugène Delacroix et de Léon Riesener", in Le pays d'Auge, 44e année, n° 2, février, 1994, p. 2-10
Arlette Sérullaz, Delacroix et la Normandie, catalogue exposition, Paris, musée Eugène Delacroix, 1993, n°8, p. 63.