En lien avec la FIAC, Foire Internationale de l’Art Contemporain, le musée Delacroix accueille les œuvres de l’artiste Jean Claracq, pour un dialogue entre ses propres œuvres et les tableaux d’Eugène Delacroix

Les oeuvres miniatures de Claracq oscillent entre réalité et fiction. Rendus avec une précision remarquable, ses sujets privilégiés – de jeunes hommes souvent tirés de photos qu’il trouve sur Instagram et d’autres réseaux sociaux – deviennent des “avatars” dans des scènes d’un monde hyperconnecté mais isolé. Construit à partir d’un grand nombre d’images extraites de livres, de magazines, d’Internet et de l’espace public, les compositions de Claracq confondent l’espace et le temps. Idées disparates et perspectives contradictoires convergent sur dans images, et produisent des nouveaux moyens de comprendre la réalité.

De la même façon, le dialogue né entre les œuvres de Delacroix et de Claracq lors de cette présentation révèle des affinités inattendues entre les artistes qui, nés à près de deux cent ans d’intervalle, partagent un goût pour la représentation de l’individu dans un monde ennuyeux. Le format intime du portrait sert de point d’entrée à cet échange. Les peintures à l’huile sur bois de Claracq répondent aux oeuvres de la collection du musée : le Portrait d’Auguste-Richard de la Hautière (1828), un véritables étudiant parisien de quinze ans, et Roméo et Juliette au Tombeau des Capulets (1851), une représentation passionnée des amants malheureux de William Shakespeare au moment précédant leur mort.

“Sombre, délicieuse pourtant, lumineuse, mais tranquille.” Ces mots, exprimés par Charles Baudelaire pour décrire l’impression laissé par les tableaux de Delacroix, rendent également compte de la sérénité vibrante des œuvres de Claracq. Delacroix pouvait se confronter à de très grands formats pour représenter des sujets religieux mais aussi issus de l’histoire ou de la littérature.. Les peintures lumineuses de Claracq, qui représentent des moments banals et profanes, sont imprégnées de sacré.