Musée National Eugène Delacroix
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Index

 

Pierre Andrieu (1821-1892)

Entré en 1844 dans l'atelier de Delacroix, Andrieu se soumet à l'apprentissage sévère imposé par celui-ci aux jeunes artistes susceptibles de l'aider à la réalisation de ses grands chantiers décoratifs.

De 1850 à 1861, il se montre ainsi un collaborateur effacé mais efficace : il est aux côtés de Delacroix à la bibliothèque du Palais Bourbon, au Louvre, à la galerie d'Apollon, ainsi qu'à l'Hôtel de Ville. Parce qu'il s'est efforcé, conformément aux exigences de Delacroix, d'adapter son style à celui du maître, Andrieu n'a guère eu l'occasion de se libérer de la "manière" apprise. En revanche, les notes qu'il a laissées sur la façon de travailler de Delacroix demeurent précieuses.

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Jules-Robert Auguste dit Monsieur Auguste (1789-1850)

Né dans une riche famille d'orfèvre, Jules-Robert Auguste se voua tout d'abord à la sculpture et reçut, en 1810, le grand prix de Rome dans cette discipline.

Il abandonna la sculpture pour se consacrer à l'aquarelle et au pastel. De ses longs voyages en Grèce, en Egypte et en Asie Mineure, il rapporta des costumes, des armes et des bibelots qu'il prêtait volontiers aux jeunes artistes romantiques qui se réunissaient dans son atelier. Le musée des Beaux-Arts d'Orléans possède un important ensemble de ses œuvres.

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Charles Baudelaire, Autoportrait de trois quarts, Paris, musée du Louvre, D.A.G. (fonds Orsay)  © RMN / M. Bellot
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Charles Baudelaire, Autoportrait de trois quarts, Paris, musée du Louvre, D.A.G. (fonds Orsay)
© RMN / M. Bellot

Charles Baudelaire (1821-1867)

Traducteur d'Edgar Poe, poète (Les fleurs du mal, 1857, Les paradis artificiels, 1860...), une part importante cependant de l'œuvre de Baudelaire réside dans les critiques et écrits artistiques.

S'il se lia avec Delacroix dès 1845, il ne fut jamais un des ses intimes.

A l'aube de la cinquantaine, le peintre s'isolait déjà dans son atelier où, seuls, quelques rares amis pouvaient l'approcher s'ils parvenaient à braver Jenny, la gouvernante.

Cependant, Baudelaire va écrire les plus belles pages qu'un poète puisse écrire sur un peintre.

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Pierre-Antoine Berryer (1790-1868)

Avocat, homme politique et catholique légitimiste, Pierre-Antoine Berryer était célèbre pour ses causes et ses plaidoiries éloquentes. C'était un orateur hors pair. Delacroix est son cousin, issu de germain. Ils se rapprochent après le décès de Madame Berryer et l'artiste aura toujours un vif plaisir à retrouver son parent dans sa propriété d'Augerville, où souvent étaient également invités hommes de lettres et musiciens.

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La bibliothèque du palais Bourbon

A la demande du ministre Adolphe Thiers, Eugène Delacroix a déjà réalisé la décoration du salon du Roi du palais Bourbon, entre 1833 et 1838.

Par arrêté du 31 août 1838, il lui est confié la décoration de la bibliothèque qu'il ne terminera qu'en 1847, tant sa charge de travail est importante par ailleurs. De fait, il s'adjoint deux collaborateurs, les peintres Gustave Lassalle-Bordes (1815-1886) et Louis de Planet (1814-1876).

La bibliothèque se compose de deux hémicycles opposés séparés par cinq travées surmontées de coupoles comportant quatre pendentifs chacune -au total vingt pendentifs hexagonaux et deux hémicycles à décorer. Les thèmes retenus seront l'Histoire, la Philosophie, la Législation, la Théologie et la Poésie pour les coupoles. Quant aux hémicycles, ils illustrent la Paix avec Orphée vient policer les Grecs encore sauvages et leur enseigner les Arts de la Paix et la Guerre avec Attila, suivi de ses hordes barbares, foule aux pieds l'Italie et les Arts.

Le musée Delacroix conserve la maquette réalisée par Delacroix pour l'hémicycle d'Orphée. L'ensemble offre une grande unité de conception qui prouve que Delacroix a dirigé les travaux dans les moindres détails et se présente comme "un des ensembles décoratifs les plus complets et les plus saisissants dont puisse s'enorgueillir la France" (M. Sérullaz).

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La bibliothèque du palais du Luxembourg (1840-1846)

En 1840, Delacroix reçoit d'Adolphe Thiers alors président du Conseil, la commande de la décoration de la coupole, des quatre pendentifs et de l'hémicycle de la bibliothèque du palais du Luxembourg. Il se fait aider par Gustave Lassalle-Bordes.

Les peintures de la coupole représentent les Limbes décrits par Dante. Dans les Champs-Elysées sont réunis les grands hommes de l'Antiquité divisés en quatre groupes : Homère accueillant Dante accompagné par Virgile ; les Grecs illustres comme Alexandre, Aristote, Platon ; Orphée, le poète des temps héroïques ; les Romains, Caton, Marc-Aurèle, Trajan...Sous la coupole, les pendentifs sont décorés de quatre camaïeux en réserve représentant la Philosophie, l'Eloquence, la Théologie et la Poésie. L'hémicycle au-dessus de la fenêtre montre Alexandre ordonnant qu'on enferme les poèmes d'Homère dans un magnifique coffre en or, butin enlevé au perse Darius. Les groupes ont un rythme parfait, reliés entre eux harmonieusement. L'artiste a su retrouver l'harmonie de la Grèce antique et de la Renaissance, tout en exprimant son génie français héritier de Poussin et précurseur des modernes.

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Edouard-Louis Dubufe, Portrait de Marie-Rosalie dite Rosa Bonheur, Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon  © RMN / G. Blot
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Edouard-Louis Dubufe, Portrait de Marie-Rosalie dite Rosa Bonheur, Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon
© RMN / G. Blot

Rosa Bonheur (1822-1899)

Rosa Bonheur connut de son vivant une renommée internationale comme peintre animalier.

Suivant l'enseignement de son père, Raymond Bonheur, peintre paysagiste et professeur de dessin, dès l'âge de dix ans elle exécutait des croquis d'animaux et n'a cessé par la suite d'aborder des sujets sur le vif. Elle se rendit alors fréquemment dans des lieux où elle put observer les animaux, marchés, foires et aussi abattoirs. A cet effet et à sa demande, elle obtint, en 1857, du préfet de Paris l'autorisation de porter le pantalon, interdit à l'époque aux femmes.

Indépendante d'esprit, Rosa Bonheur a poursuivi une carrière artistique glorieuse, suscitant l'intérêt de la critique et cumulant prix et honneurs. Ses peintures les plus célèbres sont sans doute Labourage nivernais (1849 ; Paris, musée d'Orsay) et Le marché aux chevaux (1853 ; New-York, Metropolitan Museum).

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Richard-Parkes Bonington (1802-1828)

L'essentiel de la courte carrière de ce peintre britannique s'est déroulée à Paris.

Si son inspiration lui est souvent venue de ses compatriotes (Constable, Turner), il a été très sensible à l'art des Vénitiens qu'il a copiés au musée du Louvre, avant de se rendre à Venise au printemps 1826 en compagnie du baron Rivet.

Son amitié pour Delacroix, avec qui il visita Londres en 1825, est bien connue : c'est à ses côtés que celui-ci se perfectionna dans la technique de l'aquarelle. Il lui rendra d'ailleurs un vibrant hommage posthume à ce propos : "Personne (...) n'a possédé cette légèreté dans l'exécution, qui, particulièrement dans l'aquarelle, fait de ses ouvrages des espèces de diamants dont l'oeil est flatté et ravi, indépendamment de tout sujet et de toute imitation". Les deux artistes ont par ailleurs réalisé des petits tableaux dans le goût « troubadour » proches par la facture et le choix des sujets.

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Marie-Elizabeth Boulanger-Cavé (1809-ap. 1875)

Peintre, élève de Camille Roqueplan, mariée au peintre Clément Boulanger, Marie-Elizabeth rencontre Delacroix lors du fameux bal masqué du Carnaval de 1833 organisé par Alexandre Dumas.

Commence alors entre les deux artistes une relation amoureuse, qui, après une escapade en Flandres, en septembre 1839, se meut en amitié pleine de tendres souvenirs. Elle épouse en seconde noce, en 1843, François Cavé, alors chef de la division des Beaux-Arts au ministère de l'Intérieur et publie en 1860 un traité sur le dessin, qui sera réédité en 1862 et que préface et défend Delacroix.

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Philippe Burty (1830-1890)

Surtout connu comme écrivain et critique d'art, Burty fut aussi un collectionneur averti, un dessinateur et un lithographe.

Collaborateur de la Gazette des Beaux-Arts dès sa fondation (1859), il y tint la chronique des arts et de la curiosité et s'efforça de faire partager à ses lecteurs son goût de l'estampe et de l'eau-forte.

A la demande de Delacroix, Burty participa avec Andrieu, Dauzats, Dutilleux, Schwiter etc. au classement des dessins et des carnets qui devaient être ensuite dispersés en vente publique (22-27 février 1864). C'est également Burty qui en rédigea le catalogue. On lui doit divers articles sur Delacroix et la publication des lettres du peintre (1ère édition, 1878 ; 2eédition revue et augmentée, 1880).

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Etienne Carjat, Portrait de Delacroix © RMN / J-G. Berizzi
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Etienne Carjat, Portrait de Delacroix
© RMN / J-G. Berizzi

Etienne Carjat (1828-1906)

Successivement acteur, dessinateur industriel, caricaturiste, directeur du journal hebdomadaire culturel "Le Boulevard", Etienne Carjat ouvre son atelier de photographie, 56 rue Lafitte à Paris en 1861.

Il y invite hommes politiques (Jules Ferry, Léon Gambetta), écrivains (Victor Hugo, Charles Baudelaire), peintres (Corot, Delacroix, Daumier), acteurs (Frédérick Lemaître, Sarah Bernardt) et ses amis de l'opposition et de la bohème. Il réalise deux portraits de Delacroix, l'un présenté ici en buste (1860) et l'autre coupé aux genoux (1862).

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Théodore Caruelle d'Aligny (1798-1871)

L'"Ingres du paysage", comme le surnommait Théophile Gautier, commence sa carrière en réalisant des dessins de paysage pour une fabrique de porcelaine. Désirant parfaire sa formation, il fréquente successivement les ateliers de Watelet, de J.-B. Regnault et de Victor Bertin.

De 1824 à 1827, il séjourne en Italie où il se lie avec Corot ; il y retournera plusieurs fois. Il se fixe à Paris, tout en faisant de fréquents séjours (à l'instar de Diaz, Millet ou Rousseau) à Fontainebleau, à Barbizon ou sur la côte normande. Il effectuera également en 1843 un voyage en Grèce pour exécuter des dessins des principaux sites pour l'Ecole des Beaux-Arts ; de là, il se rend en Asie mineure.

Essentiellement peintre de paysage, il se dégage avec prudence de sa formation néo-classique en cherchant à privilégier les lignes, les masses, les plans d'un paysage, renonçant aux détails pour aller parfois vers une certaine schématisation.

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Gaspard Félix Tournachon dit Nadar, Portrait de Philarète Chasles, Paris, musée d'Orsay  © RMN / H. Lewandowski
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Gaspard Félix Tournachon dit Nadar, Portrait de Philarète Chasles, Paris, musée d'Orsay
© RMN / H. Lewandowski

Philarète Chasles (1798-1873)

Fils du conventionnel Louis Chasles (1754-1826), Victor-Euphémion-Philarète était au lycée impérial (actuel lycée Louis-le-Grand) en même temps que Delacroix. Sa collaboration au Journal des Débats et à la Revue des Deux Mondes lui valut une chaire de littérature étrangère au Collège de France et une place de conservateur à la bibliothèque Mazarine.

Auteur de nombreuses études sur l'Allemagne et sur l'Angleterre, il est l'un des écrivains qui ont le plus contribué en son temps à répandre la connaissance des littératures de ces deux pays (ses Mémoires ont été publiées en 1876-1877).

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Joseph Chinard, Portrait de Victoire Oeben © RMN / F. Raux - R-G. Ojéda
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Joseph Chinard, Portrait de Victoire Oeben
© RMN / F. Raux - R-G. Ojéda

Joseph Chinard (Lyon, 1756 - Lyon, 1813)

Après un apprentissage dans l'atelier de Blaise, Joseph Chinard partit à Rome et y remporta, en 1786, le prix fondé par le pape sur le sujet de Persée délivrant Andromède.

Il se présenta au Salon pour la première fois en 1798 où il présenta Enfant échappant au naufrage en se faisant une nacelle avec les armes de l'amour. Il jouit rapidement d'une bonne réputation et devint professeur à l'Ecole de Lyon, membre correspondant de l'Institut.

Tout au long de sa carrière, Joseph Chinard montra une prédilection pour l'art du portrait, que ce soit sous forme de bustes ou de médaillons. Il participa également à de nombreux projets décoratifs à la gloire de Bonaparte et fut notamment sollicité par Charles Delacroix pour ses projets d'embellissement de la ville de Marseille puis de la ville de Bordeaux.


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Frédéric Chopin (1810-1849)

Né à Zelazowa-Wola près de Varsovie, Chopin est un enfant prodige qui donne son premier concert à l'âge de 8 ans. Après avoir obtenu quelques succès à Vienne, il se fixe à Paris en 1831. En 1837, commence une liaison avec George Sand qui durera jusqu'en 1847. Il meurt de phtisie à Paris.

Parmi ses œuvres les plus célèbres, il faut citer les 12 grandes Etudes (1829-1832), les 4 Ballades (1831-1842), les Nocturnes, les Valses, les Mazurkas et les Polonaises. Delacroix voua une grande admiration à Chopin, il ne manquait jamais une occasion pour le rencontrer et mener leurs discussions sur la musique auxquelles il tenait tant.

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Félix-Joseph Barrias, Portrait de Léon Cogniet, Compiègne, château  © RMN / D. Arnaudet
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Félix-Joseph Barrias, Portrait de Léon Cogniet, Compiègne, château
© RMN / D. Arnaudet

Léon Cogniet (1794-1880)

Léon Cogniet entre en 1812 à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris et il est l'élève de Pierre Guérin à la même époque que Géricault ou Delacroix.

Il obtient en 1817 le premier grand prix de Rome. Après des débuts classiques, il se convertit au romantisme tant par le choix de ses sujets (Tintoret peignant sa femme morte, 1845 ; Bordeaux, musée des Beaux-Arts) que par son intérêt pour la couleur. Il fut chargé de nombreuses commandes officielles, notamment pour les salles du musée historique de Versailles et forma de nombreux peintres parmi lesquels Léon Bonnat et Alfred Dehodencq.

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Alexandre-Marie Colin, Faust et Marguerite © RMN / G. Blot
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Alexandre-Marie Colin, Faust et Marguerite
© RMN / G. Blot

Alexandre-Marie Colin (1798-1873)

Elève de Girodet, grand ami de Delacroix et de Bonington, Alexandre-Marie Colin participa aux Salons parisiens de 1819 à la fin de sa vie, obtenant une médaille de deuxième classe en 1824 et 1831, et une de première classe en 1840.

Connu pour être un grand portraitiste, représentant des personnages connus (acteurs dans les costumes de leurs rôles), il est également l'auteur des sujets romantiques, de vues d'Italie et de scènes de la lutte pour l'indépendance de la Grèce.

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John Constable (1776-1837)

Fils d'un riche minotier du Suffolk, Constable est envoyé à Londres pour étudier à la Royal Academy. Sa véritable passion fut très vite la représentation de la nature : il trouve son inspiration première dans sa terre natale, le paysage calme et verdoyant des bords de la Stour. Héritier spirituel de Jacob van Ruisdaël, de Rubens et de Claude Gellée, il met du temps à acquérir la maîtrise de son art et ne devient membre de la Royal Academy qu'en 1819. Dans l'anglomanie qui règne à Paris dans les années 1820, sa peinture est l'objet de brillants éloges au Salon de 1824 où le roi de France lui décerne une médaille d'or pour "le mérite de ses paysages". Delacroix, qui sera à Londres l'année suivante pour perfectionner sa technique de l'aquarelle, est frappé par l'éclat de ses toiles et le qualifie d'homme "admirable, sorti de l'ornière des paysages anciens," trop académiques. Grand paysagiste qui a su renouveler la représentation de la nature, à mi-chemin entre naturalisme et romantisme, comme en témoigne son Champ de blé (Londres, National Gallery), il est l'un des premiers à peindre en plein air, ouvrant ainsi la voie aux Impressionnistes.

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Charles Cournault (1815-1904)

Peu intéressé par ses études de droit, Charles Cournault consacre beaucoup de temps à dessiner. Il fréquente entre 1833 et 1838 l'atelier de Charlet avant d'être introduit auprès de celui de Delacroix. En 1840, il part pour Alger où il fait de nombreux dessins et aquarelles. Il se rend une seconde fois en Algérie en 1843. Ce voyage renforça les rapports artistiques entre les deux artistes, ils échangeaient leurs souvenirs et se prêtaient mutuellement les objets ramenés de leurs voyages. Leur relation devint étroite entre 1847 et 1852, date à laquelle Charles Cournault se maria et s'établit dans la demeure matrimoniale de Malzéville (près de Nancy) qu'il va par la suite transformer en une somptueuse habitation de style arabe appelée " La Douëra ". Lors de la rédaction de son testament, Delacroix n'oublia pas son ami car il lui légua ses " deux coffres de Maroc, et tous les objets venant d'Alger, armes, vêtements, coussins, écharpes, etc. ".

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Adrien Dauzats (1804-1868)

Dauzats fut l'un des tout premiers parmi les peintres explorateurs de contrées exotiques.

Né à Bordeaux, il étudie la peinture de décors puis travaille à Paris aux décors du Théâtre Italien. En 1827 débute sa collaboration avec le baron Taylor pour les Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France en 1827 (Delacroix y collabore aussi, en 1829, pour le volume consacré à l'Auvergne). Il réalise ainsi un grand nombre de dessins ou de peintures d'architectures.

En 1830, il accompagne le baron Taylor en Egypte, au Sinaï, en Palestine et en Syrie. Il voyagera plusieurs fois en Espagne (1835 à 1837), puis en Algérie (1839) et à Tanger (1850). Son œuvre d'orientaliste, bien que libérée des contraintes de la commande, consiste essentiellement en vues de monuments avec une place plus ou moins grande accordée au paysage.

Lorsque Dauzats s'installe rue Notre-Dame de Lorette en 1844, il devient le voisin de Delacroix. Très vite s'instaurent entre eux des relations amicales et une correspondance suivie. Delacroix lui demandera d'être l'un de ses exécuteurs testamentaires.

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Anatole Demidoff (1812-1870)

Issu d'une puissante famille russe, Anatole Demidoff fut élevé en France. Il devint comte en 1837, prince de San Donato en 1840 (suite à l'acquisition de cette terre près de Florence) et épousa, en 1841, la princesse Mathilde (1820-1904), fille de Jérôme de Bonaparte. Peut-être est-ce par l'intermédiaire du comte Charles de Mornay (Delacroix réalisa un double portrait des deux hommes) qu'il entra en relation avec le peintre à qui il commanda par la suite un certain nombre d'œuvres, entre autres deux toiles sur le thème de Christophe Colomb, qui figurèrent dans sa célèbre galerie de San Donato.

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Maurice Denis, Vue de l'atelier de Delacroix, place Furstenberg © RMN / G. Blot
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Maurice Denis, Vue de l'atelier de Delacroix, place Furstenberg
© RMN / G. Blot

Maurice Denis ( Granville, 1870 - Saint-Germain-en-laye, 1943)

En 1887, après des études au Lycée Condorcet, Maurice Denis entre à l'Académie Julian où il rencontre, entre autres, Pierre Bonnard, Edouard Vuillard, Ker-Xavier Roussel, René Piot et Paul Sérusier. Celui-ci, de retour de Pont-Aven, où il a suivi les enseignements de Paul Gauguin, encourage ses camarades à synthétiser les formes et à employer les aplats de couleurs.

En 1890, Maurice Denis, le plus jeune de tous, retranscrit ces principes dans un article, considéré dès lors comme le manifeste des Nabis. Nourrie de ces préceptes et influencée par les Primitifs italiens et l'art japonais, sa peinture est alors caractérisée par une simplification des formes propre au principe du "cloisonnisme".

Au début du XXème siècle, sa production s'intensifie. Maurice Denis entreprend à de grandes décorations murales, comme le plafond et les frises du Théâtre des Champs-Elysées en 1912 ; il participe également à l'illustration d'ouvrages littéraires, tel que La Vita Nuova de Dante ; enfin, il s'intéresse aux compositions religieuses qu'il traite dans un souci de modernité.
Parallèlement à ses activités de peintre et illustrateur, il publie de nombreux écrits théoriques (Théories, 1890-1910) ainsi que des ouvrages d'histoire de l'art consacrés à l'art religieux, à Ingres, au symbolisme,....

A l'instar de Signac, Maurice Denis joue un rôle déterminant dans l'histoire du musée Eugène Delacroix. Face à la menace de destruction qu'encourt l'atelier de Delacroix, les deux artistes, grands admirateurs du peintre, décident de se mobiliser. Ainsi, associés à André Joubin, à Raymond Escholier et au Docteur Viau, ils fondent, en 1929, la Société des Amis de Delacroix. Maurice Denis en devient président dès sa création et, jusqu'à sa mort accidentelle, en 1943, comptera parmi ses membres les plus actifs.

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Alexis Gouin (attribué à), Portrait d'Alexandre Dumas père, Paris, musée d'Orsay  © RMN / H. Lewandowski
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Alexis Gouin (attribué à), Portrait d'Alexandre Dumas père, Paris, musée d'Orsay
© RMN / H. Lewandowski

Alexandre Dumas (1802-1870)

Sans doute un des romanciers français parmi les plus célèbres, une des principales figures du romantisme littéraire, aux côtés de Victor Hugo, Alexandre Dumas fait figure d'autodidacte, obligé de gagner sa vie depuis l'âge de quatorze ans. En 1823, il s'installe à Paris et son premier coup de théâtre, au sens propre et au sens figuré, a lieu en 1829 à la Comédie française avec Henri III et sa cour. Les pièces suivantes, Christine (dont Delacroix s'est inspiré) et Antony confortent son succès auprès du public. En 1844, il aborde le genre du roman avec la parution de quatre titres, riches en postérité : Les trois mousquetaires, Une fille du Régent, Le comte de Monte-Cristo et La reine Margot. Sa production prend alors un caractère industriel. Avec une étonnante fécondité et un rythme soutenu se succèdent feuilletons, mémoires, souvenirs, adaptations théâtrales. Delacroix et Dumas se virent assez fréquemment aux alentours de 1830 et leurs relations restèrent jusqu'à la fin des plus cordiales (Delacroix brossa un tableau pour un bal costumé organisé par l'écrivain ; Le roi Rodrigue, Brême, Kunsthalle).

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Eugène Delacroix, Jacob luttant avec l'Ange © RMN / Bulloz
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Eugène Delacroix, Jacob luttant avec l'Ange
© RMN / Bulloz

L'église Saint-Sulpice

Le chantier de l'église de Saint-Sulpice, une des plus grandes églises de Paris, débute en 1646 mais les travaux de construction ne vont s'achever qu'au début du XIXe siècle lorsque Chalgrin termine la façade néoclassique et les deux tours d'angle commencées par Servandoni.

En 1849, Delacroix reçoit la commande du décor de la chapelle des Saints-Anges ; il choisit alors de représenter L'archange Saint-Michel terrassant le démon, Héliodore chassé du temple, et, souvent considérée par les historiens comme son testament spirituel, La lutte de Jacob et de l'ange.

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Les expositions universelles

C'est, en 1851, à l'Angleterre victorienne que l'on doit l'idée et la réalisation de la première Exposition qui soit véritablement universelle (tous les thèmes) et internationale (toute nation invitée). Elle se tient au Palais Cristal conçu pour l'évènement et remporte un franc succès avec ses six millions de visiteurs.

Consacrée aux progrès accomplis par l'Homme au XIXe siècle, les nations participantes doivent présenter leurs innovations industrielles et une large part est consacrée à l'exotisme rapporté des colonies. En 1855, la France organise la seconde Exposition universelle et Napoléon III souhaite, et c'est la grande nouveauté, qu'une large section soit réservée aux arts (plus de 5000 peintures et sculptures).

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Henri Fantin-Latour, Hommage à Delacroix © RMN / H. Lewandowski
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Henri Fantin-Latour, Hommage à Delacroix
© RMN / H. Lewandowski

Henri Fantin-Latour (1836-1904)

Fantin reçoit ses premières leçons de dessin de son père, le peintre Théodore Fantin-Latour.

Il entre à l'Ecole des Beaux-Arts en 1854 mais sans s'adapter à son enseignement. Après avoir été refusé au Salon de 1859, comme Manet et Whistler, il débute au Salon de 1861. Il obtient sa première récompense en 1870 avec Un atelier au Batignolles (Paris, musée d'Orsay), hommage d'amitié envers Manet. Il peint portraits, tableaux de genre, fleurs, compositions allégoriques en restant à la fois loin de l'académisme ambiant et indépendant du mouvement impressionniste.

Il se situe plutôt dans le prolongement de Delacroix pour lequel il peint son célèbre Hommage à Delacroix (1864, musée d'Orsay) en signe de désapprobation du désintérêt officiel à la mort du grand peintre. Les nombreux portraits que Fantin a laissés de ses amis peintres et poètes constituent un incomparable témoignage iconographique sur son époque.

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Eugène Delacroix, Méphistophélès dans les airs © Musée du Louvre / H. Bréjat
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Eugène Delacroix, Méphistophélès dans les airs
© Musée du Louvre / H. Bréjat

Faust

Depuis la fin du XVIe siècle, Faust -cet homme qui vendit son âme au diable- était un personnage de légende non seulement profondément enraciné dans l'imaginaire allemand, mais aussi connu dans toute l'Europe.

En 1825, Delacroix a été profondément marqué par une représentation théâtrale du Faust qu'il avait pu voir à Londres.

C'est cette même année que paraît en France la première traduction du Faust de Goethe (1749-1832), publié à Tübingen en 1806. Elle est réalisée par Albert Stapfer (1802-1892) et constitue le dernier des quatre volumes publiés sous le titre général de Traduction des œuvres dramatiques de J. W. Goethe.

Deux ans plus tard, Gérard de Nerval (1808-1855) reprendra la traduction du Faust de Goethe. Cette suite lithographique lui est commandée par l'éditeur Charles Motte.

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Les frères Fielding

Les quatre frères Fielding, britanniques de naissance, fils du peintre Nathan-Théodore (vers 1747-1814 ou 1818) surtout connu pour ses portraits, furent tous plus ou moins liés à Delacroix qui les mentionne dans son Journal de 16 mai 1823.

Théodore Fielding (1781-1851), l'aîné, fut peintre de paysage, aquarelliste et graveur. Il fit également œuvre de théoricien et devint professeur de dessin dans un collège militaire anglais. Copley Fielding (1787-1855) se spécialise davantage dans l'art du paysage et de la marine. Il fut membre puis président de la Société des aquarellistes à Londres. En 1824, il remporta une médaille d'or au Salon de Paris (la même année où Constable expose la Charrette à foin).

Thales Fielding (1793-1837) arrive à Paris en 1821 ou au printemps 1822, employé avec son frère Newton par l'éditeur J.-F. d'Ostervald. Il partage à deux reprises le même atelier que Delacroix et l'initie à la technique de l'aquarelle.

Newton Fielding (1799-1856), le plus jeune des frères Fielding, a partagé sa vie entre Londres et Paris, où il arrive pour la première fois en 1821 ou au début 1822. Il acquit une grande réputation pour ses aquarelles d'animaux et d'oiseaux dans des paysages (il est l'auteur d'illustrations pour les Fables de la Fontaine) et fut professeur de dessin de la famille de Louis-Philippe.

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Joséphine de Forget (1802-1886)

Joséphine de Lavalette de Forget est la fille d'Antoine-Marie Chamans de Lavalette, comte d'Empire et de Louise de Beauharnais, nièce de l'Impératrice. Le grand événement de sa jeunesse -elle avait 13 ans- fut d'aider à l'évasion de son père condamné à mort pour avoir soutenu l'Empereur pendant la tentative de restauration de l'Empire durant les Cent-Jours. Elle a 34 ans quand son mari meurt et rejoint la rue de Matignon puis l'hôtel de la Rochefoucauld à Paris où Delacroix lui rendra souvent visite. Elle reçoit beaucoup et introduit le peintre dans les salons parisiens. Ils échangent une importante correspondance de 1832 à 1863, et ont une liaison qui dure de 1834 à 1850 puis se transforme en une profonde amitié. Delacroix l'appelle sa "consuelo", sa consolatrice; il fait d'elle un portrait à la mine de plomb (musée Boymans van Beuningen). Il existe également une médaille de David d'Angers (1847) la représentant et un portrait peint par Horace Vernet (1769-1863) conservé au musée de Blois.

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Guillaume-Egon de Furstenberg (1629-1704)

Le cardinal Guillaume-Egon, comte de Furstenberg, évêque et prince de Strasbourg, avait de grandes ambitions en espérant devenir électeur de Cologne et prince-évêque de Liège où il avait acquis le château de Modave qu'il s'attachait à embellir. Ses espérances furent déçues et il se réfugia alors en France sous la protection de Louis XIV.

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La galerie d'Apollon au palais du Louvre

La commande que reçoit Delacroix pour la galerie d'Apollon est consécutive à la rénovation des salles du musée qui a débuté lorsque la loi du 2 décembre 1848 a affecté officiellement 2 millions de francs aux travaux de restauration des salles historiques du palais du Louvre. Il est chargé alors de compléter le décor laissé inachevé par le Premier peintre de Louis XIV, Charles Le Brun (1619-1690), et il choisit, pour s'intégrer au programme iconographique initial, de représenter Apollon combattant le serpent Python, symbole de la lutte du bien et du mal, de la lumière contre les ténèbres, des forces de l'esprit contre l'obscurantisme.

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Adrien Tournachon, Portrait de Théophile Gautier, Paris, musée d'Orsay  © RMN / Droits réservés
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Adrien Tournachon, Portrait de Théophile Gautier, Paris, musée d'Orsay
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Théophile Gautier (1811-1872)

Romancier, poète, voyageur, collectionneur, Gautier fut aussi un critique d'art au style d'"orfèvre". Attiré par la peinture avant d'opter définitivement pour la littérature, ses débuts de feuilletoniste datent de 1836. Ses articles dans La Presse et dans L'Artiste furent passionnément suivis par ses lecteurs auxquels il voulut transmettre son amour de la peinture et du beau, et sa sensibilité. Pour Gautier, Delacroix, rencontré dans l'atelier de Boissard de Boisdenier (1845), occupe une place éminente dans l'art moderne parce qu'il exprime "toutes les passions, toutes les fièvres, tous les rêves du siècle". Pareille admiration ne l'empêche pas cependant de formuler certaines critiques, ce dont Delacroix ne lui tint pas rigueur. Bien au contraire, le peintre sollicita souvent son appui.

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Georges Prosper Clere, Portrait de Théodore Géricault, Rouen, musée des Beaux-Arts  © RMN / H. Lewandowski
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Georges Prosper Clere, Portrait de Théodore Géricault, Rouen, musée des Beaux-Arts
© RMN / H. Lewandowski

Théodore Géricault (1791-1824)

Delacroix vouait une véritable admiration à Géricault dont la mort prématurée à la suite d'une chute de cheval l'affecta profondément. Les deux artistes s'étaient rencontrés dans l'atelier de Pierre Guérin.

A sa sortie de lycée, Géricault entra d'abord dans l'atelier de Carle Vernet, peintre à la mode et grand amateur de chevaux, avant de fréquenter celui de Pierre Guérin tout en copiant assidûment les maîtres anciens dans les salles du Louvre. Dès son premier Salon en 1812, il remporta une médaille d'or avec Le chasseur de la garde (Paris, musée du Louvre).

Ayant tenté en vain le concours du prix de Rome, il se rendit en 1817 à ses frais en Italie, mais il se montra peu sensible aux beautés de la Ville Eternelle. A son retour, il se consacra à la lithographie. Son tableau le plus célèbre Le Radeau de la Méduse (Paris, musée du Louvre) lui demanda plus d'une année de travail. Cette immense toile fit scandale au Salon de 1819 (Delacroix posa pour l'un des naufragés).

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Johann Wolfgang von Goethe (Francfort-sur-le-Main, 1749 - Weimar, 1832)

Poète, romancier et dramaturge allemand, élevé dans un milieu protestant aisé et très cultivé, Goethe reçut une éducation humaniste rigoureuse. Après avoir étudié le droit et exercé quelques temps les fonctions d'avocat, il publie en 1773 son premier drame, Goetz von Berlinchingen, puis en 1774 son premier roman, Les souffrances du jeune Werther, qui obtient un immense succès dans toute l'Europe et lui vaut la protection et l'amitié du duc de Weimar.

Ce dernier le fait venir à sa cour et lui confie différents postes importants au sein de son gouvernement. Après un voyage de deux années en Italie, entre septembre 1786 et juin 1788, qui va conforter sa flamme artistique, Goethe fait paraître entre autres Iphigénie en Tauride et Egmont.

De retour à Weimar, il renonce à toute fonction pour se consacrer à ses études scientifiques, délaissant quelque peu la littérature. Sa rencontre avec Friedrich von Schiller en 1794 ayant réveillé son intérêt pour la littérature, Goethe continue à publier régulièrement jusqu'à sa mort dans tous les genres : Les années d'apprentissage de Wilhelm Meister (version définitive, 1796) deviendra l'un des livres cultes de la littérature allemande, ou encore les Elégies romaines pour ne citer que les plus célèbres. Goethe transmet en outre ses idées tout au long d'une importante correspondance (aujourd'hui presque entièrement publiée) et dans ses conversations, dont une partie a été recueillie par ses amis. Auteur très prolifique, Goethe est considéré comme l'un des derniers génies universels issus de la tradition de la Renaissance et des Lumières.

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Pierre-Narcisse Guérin, Autoportrait, Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon  © RMN / D. Arnaudet - G. Blot
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Pierre-Narcisse Guérin, Autoportrait, Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon
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Pierre Guérin (1774-1835)

Pierre Guérin fit une brillante carrière de peintre d'histoire. Admis dès 11 ans à l'école de l'Académie royale de peinture et de sculpture, il fut l'élève de Taraval, Brenet puis de J.-B. Régnault.

Il connaît son premier grand succès au Salon de 1799 avec Le retour de Marcus Sextus (Paris, musée du Louvre) qui soulève un véritable enthousiasme.

Après un voyage en Italie (décembre 1803-novembre 1805), il se consacre, en dehors de quelques commandes privées, presque essentiellement à l'expression des passions sur des sujets empruntés à l'antiquité et au théâtre. En 1810, il ouvre un atelier où s'inscrivent Géricault, Ary Scheffer, Léon Cogniet, Paul Huet, Delacroix...

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Carolus-Duran, Portrait d'Étienne-François Haro, Paris, musée du Petit-Palais © RMN / Bulloz
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Carolus-Duran, Portrait d'Étienne-François Haro, Paris, musée du Petit-Palais
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Etienne-François Haro (1827-1897)

Peintre, élève d'Ingres et de Delacroix dont il fit les portraits en 1866 et 1868, Haro fut également leur fournisseur attitré en toiles, châssis, cadres, couleurs, etc... La boutique familiale située près de la rue des Petits-Augustins avait pour enseigne " Au génie des arts ". Elle fut successivement tenue par le père et la mère d'Etienne, avant que celui-ci n'en prenne la direction et transforme le magasin en une importante maison de réparation, restauration et rentoilage de tableaux. Restaurateur des peintures du palais des Tuileries et du ministère des Travaux publics (son père et son oncle, M. Rey, avaient travaillé pour l'Ecole des Beaux-Arts et pour l'Institut), Haro participa notamment aux côtés de Delacroix à la préparation du chantier de la galerie d'Apollon au Louvre. C'est lui qui signala au peintre, en 1857, l'appartement du 6 rue de Furstenberg et insista pour que celui-ci signe le bail, car l'affaire était " admirable " à tout point de vue. Proche de l'Institut où Delacroix venait enfin d'être nommé, donnant sur un jardin dont la jouissance était réservée au seul locataire de cet appartement qui pouvait en outre y faire construire un atelier, le lieu était, aux yeux de Haro, tout à fait digne de l'artiste. Delacroix avait du reste toute confiance en Haro qu'il chargea de réunir les tableaux qui devaient figurer à l'Exposition universelle de 1855.

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L'hôtel de Ville de Paris

Au bâtiment Renaissance, dont François 1er avait confié la réalisation aux architectes Dominique de Cortone et Pierre Chambiges et à l'initiative du préfet Rambuteau (1781-1860), fut adjoint en 1835 deux pavillons d'angle reliés à la façade par une galerie. C'est le décor de ces nouvelles parties qui fit l'objet d'importantes commandes auprès des artistes les plus en vue de l'époque, comme Delacroix qui fut chargé du plafond du salon de la Paix ou Ingres qui réalisa celui du salon de l'Empereur. Malheureusement, l'Hôtel de Ville, avec les Tuileries et la Cour des Comptes, fut incendié par les Parisiens lors de l'insurrection de la Commune en mai 1871. Il brûla pendant huit jours ainsi que les archives et les œuvres qu'il contenait.

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Paul Huet, Faust et Méphistophélès © RMN / G. Blot
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Paul Huet, Faust et Méphistophélès
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Paul Huet (Paris, 1803-Paris, 1869)

C'est à l'Académie suisse, établissement dirigé par le "père Suisse" qui dispensait un enseignement basé sur l'étude des modèles vivants, que Paul Huet fait, vers 1822, la connaissance d'Eugène Delacroix.

Naît alors entre les deux peintres une grande amitié pleine d'estime réciproque. A sa mort, en 1863, Delacroix lui lègue un certain nombre d'œuvres de Poterlet, Monsieur Auguste, Charlet et c'est lui qui aura l'honneur de prononcer l'oraison funèbre sur la tombe de Delacroix. Chantre du paysage romantique, précurseur de l'école de Barbizon, Paul Huet peint très tôt dans les alentours de Paris (Chaville, Bellevue, Fontainebleau), en Normandie, en Auvergne, dans le Midi, dans les Pyrénées, toujours à la recherche de paysages héroïques et privilégiant les effets étranges.

Il élabore au fil des ans une écriture personnelle qui se lit plus clairement dans les petits formats en partie exécutés sur le motif (dessins, pastels, aquarelles, esquisses) que dans des grandes compositions qui perdent souvent à l'atelier une part de spontanéité.

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L'Artiste

Créée en 1831 par un amateur d'art Achille Ricourt pour assurer la diffusion de l'actualité artistique, illustrée de gravures, cette revue connut très vite une large audience.

Elle accueille les écrits des artistes (Delacroix y publia dans le 4e numéro sa Lettre sur les concours), des écrivains (Balzac, Mérimée, George Sand, Musset, Baudelaire, Théophile Gautier) et des premiers critiques professionnels (Jules Janin, Arsène Houssaye).

C'est une revue militante et avec ses comptes rendus du Salon, elle participe à la bataille romantique. En 1844, la revue devient la propriété d'Arsène Houssaye, écrivain et également critique d'art.

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Gustave Lassalle-Bordes, Virgile accueillant Dante dans les Limbes © RMN / J-G. Berizzi
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Gustave Lassalle-Bordes, Virgile accueillant Dante dans les Limbes
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Gustave Lassalle-Bordes (1815-1886)

Issu d'une famille de petite noblesse gasconne, Gustave Lassalle-Bordes monte à Paris pour y étudier la peinture et plus particulièrement la peinture d'histoire.

Il expose aux Salons officiels, et devient le collaborateur de Charles Larivière, peintre d'histoire, et de Jules Claude Ziegler, alors chargé des décorations murales de l'église de la Madeleine. Il apprend ainsi à devenir un excellent exécutant "dans la manière de" l'artiste auquel il prête ses pinceaux. Dès 1838, il entre dans l'atelier de Delacroix rue Neuve-Guillemin où il est "massier" jusqu'en 1846 : il aide le maître à la décoration des peintures murales des bibliothèques du palais Bourbon et du Sénat. Mais en 1848, ses relations avec le maître s'altèrent : il témoignera auprès de Philippe Burty de sa collaboration avec Delacroix, de la technique du maître, avec intérêt mais avec l'esprit revendicateur et aigri de celui qui a travaillé dans l'ombre.

Il retourne donc à Auch. Auréolé de sa collaboration avec Delacroix, de ses médailles obtenues aux Salons et de critiques élogieuses -celle de Baudelaire notamment (Salon de 1846), il se voit attribuer de nombreuses commandes pour les églises et les châteaux de la région. Il meurt à Auch en 1886.

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Eugène Delacroix, Portrait de Jenny Le Guillou, Paris, musée Eugène Delacroix  © RMN / Droits réservés
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Eugène Delacroix, Portrait de Jenny Le Guillou, Paris, musée Eugène Delacroix
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Jeanne-Marie, dite Jenny, Le Guillou (1801-1869)

Originaire du Finistère, Jenny Le Guillou entra vers 1835 au service de Delacroix et y resta jusqu'à sa mort ; c'est elle qui recueillit son dernier souffle le 13 août 1863.

Elle remplit d'abord le rôle de la fidèle gouvernante, épargnant au peintre tout souci matériel et devint au fil du temps son amie et confidente. Delacroix dit d'elle en 1855, c'est le "seul être dont le coeur soit à moi sans réserve".

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Pierre de Montreuil (vers 1200-1267)

Cet architecte, dont on ne sait que très peu de choses, acquit la réputation d'être l'un des meilleurs maîtres d'œuvre du gothique rayonnant. A Paris, il dirige notamment la construction de la Sainte-Chapelle, ainsi que celle de la chapelle de la Vierge de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (il y est inhumé) et intervient sur le chantier de Notre-Dame. Il achève également, près de Paris, l'abbaye de Saint-Denis.

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Charles Motte (1785 - 1836)

Lithographe, dessinateur, aquafortiste et éditeur, Charles Motte expose au Salon entre 1827 et 1831 et publie entre 1820 et 1828 un certain nombre de lithographies de Delacroix. Il est le beau-père d'Achille Devéria dont il publie également la plupart des lithographies.

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Pierre Petit, Autoportrait, Paris, musée d'Orsay  © RMN / R.-G. Ojéda
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Pierre Petit, Autoportrait, Paris, musée d'Orsay
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Pierre Petit (1831-1909)

Pierre Petit, surnommé "Collodion le chevelu" à cause de son ample chevelure, fait son apprentissage chez André Disdéri (1819-1889) l'inventeur de la photographie-carte (photographie de petit format).

Il est photographe de l'Exposition universelle en 1855, puis en 1867 et 1878. En 1858, il ouvre son propre atelier au 31 place Cadet (Paris, IXème ) et réalise en 1859 un album consacré à l'épiscopat français : on lui doit 25.000 portraits d'ecclésiastiques photographiés entre 1862 et 1865.

La réalisation, en 1860, d'une série de portraits d'artistes et d'hommes de lettres contemporains préfigure la Galerie des hommes du jour, publiée l'année suivante avec des notices biographiques.

De 1871 à 1886, il est chargé de photographier les différentes étapes de la construction de la statue de la Liberté à New York. A sa mort, son fils assure sa succession.

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René Piot (1866-1934)

De la génération des Nabis et des Fauves, Piot a travaillé délibérément à l'écart de ces groupes.

En 1890, il rencontre en effet, à l'académie Jullian, Maurice Denis, Ker-Xavier Roussel, Vuillard et Bonnard, mais découvre auprès de Pierre Andrieu, collaborateur de Delacroix, l'importance du dessin et la maîtrise dans l'organisation des couleurs.

Après avoir travaillé dans l'atelier de Gustave Moreau, il commence à voyager, découvrant en Italie les techniques de la fresque et de la tempera qu'il utilisera pour les compositions murales qui lui sont commandées par l'Etat ou par des particuliers. Chargé, en 1931, de restaurer les peintures de Delacroix à la bibliothèque du palais Bourbon, Piot réalise alors 22 copies à l'aquarelle et à la gouache des différents éléments du décor et publie en 1931 un livre : les Palettes de Delacroix. On lui doit aussi la première édition du Journal de Delacroix (1890) avec la collaboration de Paul Flat.

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Achille Piron ( ?-1865)

Il est l'un des plus proches amis de lycée de Delacroix, on sait finalement peu de choses de lui mais son nom est à jamais lié à celui du peintre en raison de l'exemplaire fidélité à son égard. Delacroix, du reste, ne s'y était pas trompé puisqu'il fit du modeste administrateur des postes son légataire universel et l'un de ses exécuteurs testamentaires. Non seulement Piron s'acquitta scrupuleusement de cette tâche mais il eut à coeur de prendre à sa charge, à partir des archives qu'il avait pieusement rassemblées, la rédaction d'un livre de souvenirs dédié aux amis de l'artiste : Eugène Delacroix, sa vie, son œuvre (1865). Le musée national Eugène Delacroix conserve dans ses archives divers documents ayant appartenu à Piron.

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Louis de Planet (Toulouse, 1814-Paris, 1876)

Fils de bonne famille toulousaine, Louis de Planet s'inscrit, après une licence en droit, à l'Ecole des Beaux-Arts en 1833.

Il se lie d'amitié avec Romain Cazes, élève d'Ingres. Mais une fois à Paris, c'est l'atelier de Delacroix qu'il choisit. Le peintre vient d'ouvrir en effet un atelier rue Neuve-Guillemin pour former des élèves, futurs aides pour ses grands travaux décoratifs. Il distingue Louis de Planet et le choisit comme collaborateur pour ses travaux de décoration de la bibliothèque du palais Bourbon : ce que Louis de Planet relate presque jour après jour, de 1841 à 1844, dans ses précieux Souvenirs des travaux de peinture avec M. Eugène Delacroix.

Très admiratif du grand peintre qui lui reconnaît "des qualités supérieures, mais un total manque de confiance en lui", Louis de Planet meurt en 1876, quasiment dans l'oubli.

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Hippolyte Poterlet, Le tournoi près des fossés du château de Steen, d'après Rubens © RMN / G. Blot
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Hippolyte Poterlet, Le tournoi près des fossés du château de Steen, d'après Rubens
© RMN / G. Blot

Hippolyte Poterlet (1803-1835)

L'œuvre d'Hippolyte Poterlet est peu connu, c'était un remarquable dessinateur. Sa mort prématurée a empêché cet artiste de donner toute la mesure de son art.

En automne 1818, il fit la connaissance de Delacroix alors qu'il copiait les maîtres dans les salles du Louvre. Cette rencontre allait le marquer à jamais et leur amitié fut profonde, nourrie par leurs échanges artistiques.

Le Louvre ne conserve qu'une seule œuvre de lui : la Dispute de Trissotin et de Vadius tiré des Femmes savantes de Molière.

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Eugène Delacroix, Portrait de Léon Riesener, Paris, musée du Louvre  © RMN / C. Jean
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Eugène Delacroix, Portrait de Léon Riesener, Paris, musée du Louvre
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Léon Riesener (1808-1878)

Cousin germain de Delacroix, Léon Riesener est le petit-fils de Jean-Henri Riesener (1734-1806), l'un des plus célèbres ébénistes de l'époque de Louis XVI, et le fils de Henri-François Riesener (1767-1828), peintre qui après avoir connu un certain succès sous l'Empire se rendit à la cour du tsar Alexandre où il mena une brillante carrière.

Delacroix avait une affection particulière pour sa tante avec qui il aimait s'entretenir de littérature. En 1824, ils traduisaient ensemble Childe Harold de Lord Byron. Devenue veuve, elle se retira à Frépillon dans la vallée de Montmorency où Delacroix allait souvent lui rendre visite. A 15 ans, Léon Riesener fréquenta l'atelier de Gros.

A partir des années 30, il commence à exposer ses œuvres régulièrement et à partir des années 40, il reçoit plusieurs importantes commandes de peintures murales (chapelle de l'hospice de Charenton, plafonds de la bibliothèque du Sénat, église de Saint-Eustache et l'Hôtel de Ville de Paris). Si l'œuvre de Léon Riesener est d'une grande variété -il a touché à tous les genres-, il n'en continue pas moins la grande tradition coloriste fortement marquée par l'influence de son illustre cousin qui l'a toujours soutenu, allant même parfois jusqu'à le recommander. Outre qu'il lui fit don d'une importante somme d'argent, Delacroix le fit aussi légataire de sa maison à Champrosay et de tout ce qu'elle contenait.

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Alfred Robaut (Douai, 1830 - Fontenay-sous-Bois, 1909)

Fils du peintre et lithographe Félix Robaut (1799 - 1880), Alfred Robaut entre dès 1846 dans l'imprimerie paternelle spécialisée dans la production de cartes et de vues régionales. Il se met à publier un grand nombre de lithographies d'après, entre autres, des œuvres de son beau-père, Constant Dutilleux, puis d'Eugène Delacroix. Il se perfectionne également dans la technique de l'édition de fac-similé et publie en plusieurs livraisons soixante-dix dessins de Delacroix provenant entre autres de sa collection, ainsi qu'un recueil rassemblant vingt-neuf lettres que Delacroix avait écrites à Dutilleux.

Installé à Paris, à partir de la fin de 1871, Robaut consacre la plupart de son temps à la rédaction du catalogue complet de l'œuvre de Delacroix, qui, s'il ne connut guère le succès escompté lors de sa parution en 1885, n'en demeure pas moins, encore de nos jours, un outil de référence pour toute recherche sur Delacroix. Il est également l'un des instigateurs de la grande exposition rétrospective de l'œuvre de Delacroix organisée à l'école des Beaux-Arts en 1885 et dont les recettes étaient destinées à financer un monument élevé à la gloire de Delacroix dans les jardins du Luxembourg.

Après 1890, Alfred Robaut délaisse quelque peu ses études sur Delacroix pour se consacrer à la rédaction du catalogue de l'œuvre de Corot qui parut en quatre volumes en 1905.

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Alexis Rouart (Paris, 1839 - Paris, 1911)

Issu d'une famille d'industriels, frère cadet d'Henri Rouart (1833 - 1912) dont la collection de peintures (Delacroix, Millet, Degas, Corot...) était renommée, Alexis Rouart avait lui-même réuni une remarquable collection de tableaux et dessins des grands maîtres du XIXe siècle, ainsi qu'un ensemble important d'objets d'Extrême-Orient et un grand choix de lithographies en très belles épreuves.

Sa belle collection de lithographies ne figura dans aucune de ses ventes après décès, elle passa à l'un de ses deux fils qui s'en sépara à l'amiable entre 1930 et 1935.

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Edme Saint-Marcel, Lionne en train de dépecer un animal © RMN / J-G. Berizzi
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Edme Saint-Marcel, Lionne en train de dépecer un animal
© RMN / J-G. Berizzi

Edme Saint-Marcel (Paris, 1819-Fontainebleau, 1890)

Peintre, dessinateur et graveur, principalement connu comme peintre animalier, Edme Saint-Marcel se forma dans les ateliers de Steuben, Caruel d'Aligny et Léon Cogniet avant de venir travailler aux côtés de Delacroix.

L'enseignement de ce dernier lui donna un goût très affirmé pour les animaux et ses études sont souvent très proches de celles de son maître avec, cependant, une tendance à la mise en scène qui lui est propre.

Saint-Marcel fut aussi un paysagiste de talent et c'est pour être plus proche de la nature qu'il s'installa vers 1845 à Fontainebleau. Ses envois aux Salons comptent dès lors de nombreux paysages de forêts et des "effets" d'hiver ou de printemps.

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Le salon

Créé par Colbert en 1667, le Salon a pour objectif d'exposer les œuvres des membres de l'Académie royale de peinture et de sculpture et des artistes agréés par celle-ci.

Installé à partir de 1725 dans le salon Carré du Louvre (d'où son nom), le Salon est abrité dans la seconde moitié du XIXe siècle dans différents espaces parisiens. Prévu pour avoir une périodicité annuelle, le Salon a été, à certains moments, bisannuel et fut même parfois annulé en raison des troubles politiques. Sa durée est inégale selon les années, elle varie de quelques semaines à plusieurs mois.

La Révolution va dissoudre l'Académie et va faire du Salon un lieu d'exposition ouvert à tous les artistes, mais un jury dut rapidement être formé pour limiter le nombre des exposants. De 1830 à 1848, le jury exerce une censure de plus en plus sévère incitant certains peintres à créer des expositions parallèles indépendantes. Le Salon persistera jusqu'à la fin du XIXe siècle. C'était un évènement extrêmement important et très attendu dans la vie culturelle parisienne.

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Eugène Delacroix, Etude pour le Palais Bourbon © Musée du Louvre, Paris
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Eugène Delacroix, Etude pour le Palais Bourbon
© Musée du Louvre, Paris

Le salon du Roi du palais Bourbon

Adolphe Thiers avait loué le talent d'Eugène Delacroix au Salon dès 1822. Il lui commande la décoration du salon du Roi, dit salon Delacroix, du palais Bourbon en 1833 : celle-ci sera achevée en 1838.

Elle comprend un plafond compartimenté en huit caissons, quatre grands et quatre petits, une frise continue au-dessus des archivoltes sur les quatre côtés de la salle, et huit pilastres entre les baies vitrées. Il utilise un mélange de peinture à l'huile mêlée à la cire, posé directement sur le mur ou sur la toile tendue sur un châssis, ce qui donne un aspect mat à la peinture comme celui de la peinture à la détrempe.

Delacroix choisit pour thèmes les forces de l'Etat, traitées de façon allégorique : la Justice, l'Agriculture, l'Industrie et la Guerre. Sur les pilastres, il personnifie les mers et les fleuves de France. Il travaille seul à cette grande entreprise où il montre de façon manifeste ses aspirations classiques.

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Luigi Calamatta, George Sand en habit d'homme d'après Delacroix © RMN / F. Raux
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Luigi Calamatta, George Sand en habit d'homme d'après Delacroix
© RMN / F. Raux

Aurore Dupin, baronne Dudevant, dite George Sand (1804-1876)

Née à Paris, mais élevée par sa grand-mère dans le Berry, George Sand connaît le succès en 1832 avec un premier roman d'un romantisme exacerbé, Indiana.

Elle s'oriente ensuite vers le réalisme (Cadio, 1868) et même vers le naturalisme (Francia, 1872). Ses romans les plus connus sont ses romans champêtres, notamment La mare au diable (1846), François le Champi (1847/48), La petite Fadette (1849).

Féministe, elle se sépare de son mari en 1836, monte à Paris et compte parmi ses amants, Jules Sandeau, Musset et Chopin. Elle cultive le scandale en s'habillant en homme, en affichant le cigare et en revendiquant une conduite très indépendante. Sous le règne de Louis-Philippe, elle se fait l'apôtre du socialisme. En 1846, George Sand se retire dans son domaine de Nohant et y meurt 30 ans après ayant vécu une vieillesse sereine.

Delacroix, à partir de 1838, fréquenta de plus en plus le cercle de George Sand et se rendit trois fois à Nohant. Leur amitié fut sincère et ils échangèrent une correspondance jusqu'à la mort du peintre.

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Louis-Auguste Schwiter (1805-1889)

Peintre et dessinateur de portraits et de paysages, Schwiter fait partie du petit cercle d'amis intimes de Delacroix regroupés autour de la famille Pierret dont Schwiter était le parent.

Les deux hommes s'étaient connus avant le voyage de Delacroix en Angleterre (1825). Ils entretinrent une correspondance plus ou moins suivie jusqu'à la mort de ce dernier. A son retour, Delacroix fit un portrait en pied de son ami qu'il soumit, sans succès, au jury du Salon de 1827 (Londres, National Gallery ; ce tableau a appartenu à Degas). Collectionneur d'antiquités, Schwiter demanda l'aide de Delacroix pour négocier auprès du musée du Louvre les œuvres qu'il avait rapportées d'Italie.

On sait par ailleurs que le peintre lui offrit une de ses aquarelles les plus romantiques, Cheval effrayé par l'orage (Budapest, musée des Beaux-Arts) contre une collection d'"empreintes" d'après des médailles antiques. Désigné par Delacroix, avec Andrieu, Burty, Dutilleux, Dauzats... pour classer ses porte-feuilles, Schwiter put choisir en souvenir un dessin et reçut en legs trois petites toiles de maître.

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Walter Scott (1711-1832)

Douze des poèmes ou romans du célèbre écrivain écossais ont inspiré Delacroix entre 1821 et 1847, l'artiste ayant cédé comme nombre de ses confrères à l'anglomanie ambiante en France dans les milieux cultivés.

Grâce à la progression rapide des traductions, la notoriété de Walter Scott a été fulgurante. Ivanhoé (1820) et Quentin Durward (1823) comptent parmi ses romans les plus populaires, mais Delacroix a aussi emprunté plusieurs sujets à la Fiancée de Lammermoor (1821), adaptée en 1835 pour l'opéra par Donizetti.

Lorsqu'il se déplace en Touraine, en 1828, c'est autant pour rendre visite à son frère, le général Charles-Henry Delacroix, que pour marcher sur les pas de Walter Scott, à la recherche des ombres de Louis XI et de Quentin Durward. Vers la fin de sa vie, l'engouement du peintre pour Walter Scott diminue cependant car il éprouve de moins en moins de plaisir à lire ses romans historiques, où l'intrigue finit par disparaître sous l'accumulation des détails.

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Friedrich-Albert-Alexander Stapfer (Paris (?), 1802 - Paris, 1892)

Fils de Philippe-Albert Stapfer (Berne, 1766 - Paris, 1840), théologien protestant et homme politique d'origine suisse établi en France à partir de 1801, Albert Stapfer reçut une formation philosophique très poussée qui l'orienta vers des travaux d'érudition et de littérature.

Il s'engagea à partir de 1822 à publier sous sa direction la traduction en français des oeuvres dramatiques de J. W. Goethe. Le Faust, dont Mme de Stael avait déjà publié certains passages dans son De l'Allemagne, parut en français en 1823 et Goethe lui-même, à qui Stapfer rendit visite au printemps 1827 lors d'un séjour à Weimar en compagnie de son ami, Jean-Jacques Ampère (1800 - 1864), professeur de littérature au Collège de France, lui déclara qu'elle était magistralement réussie.


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Charles de Steuben (1788-1856)

Fils d'un officier de l'armée russe, Charles de Steuben commence son éducation artistique à l'Académie de Saint-Pétersbourg, puis il est l'élève du baron Gérard, de Robert Lefebvre et de Prud'hon à Paris. Il expose au Salon de 1812 à 1843 et collabore au musée historique créé à Versailles entre 1834 et 1838.

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George Stubbs (1724-1806)

Peintre anglais, il débute sa carrière comme portraitiste.

De retour d'Italie, il fait escale au Maroc où il est le témoin de l'attaque d'un cheval par un lion, sujet qu'il illustre de nombreuses fois et qui, gravé, influencera Géricault et Delacroix. Il se passionne pour l'étude anatomique des chevaux dont il va se faire une spécialité se gagnant une clientèle auprès des aristocrates britanniques amateurs de chevaux.

Il est également célèbre pour ses "portraits" d'animaux sauvages, kangourou, singes etc.

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Jacques-Louis David, Portrait de Madame Raymond de Verninac, Paris, musée du Louvre © RMN / J. Schormans
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Jacques-Louis David, Portrait de Madame Raymond de Verninac, Paris, musée du Louvre
© RMN / J. Schormans

Henriette de Verninac (1780-1827)

Soeur aînée de Delacroix, Henriette épouse, en 1798, Raymond de Verninac-Saint-Maur (1762-1822) qui vient d'être successivement ambassadeur de Suède puis à Constantinople. Après leur mariage, lorsque Raymond est nommé préfet du Rhône, le couple s'installe à Lyon.

De cette époque datent le portrait d'Henriette en Diane chasseresse préparant ses traits, sculpté par Chinard, et surtout celui peint par Jacques-Louis David que Delacroix conserva jusqu'à sa mort par-devers lui (tous deux sont au musée du Louvre). A la mort de sa mère, Delacroix loge chez sa soeur et son beau-frère. La profonde tendresse qu'il éprouve pour leur fils, Charles, son cadet de cinq ans, n'améliore guère pourtant des relations devenues difficiles par de sombres histoires d'argent liées en partie à la mauvaise gestion du domaine familial de la Boixe. A la mort d'Henriette, Delacroix prend néanmoins en charge son neveu.

Lorsque celui-ci, devenu diplomate, sera emporté par la fièvre jaune au retour d'une mission à Vera Cruz (1832), Delacroix en éprouvera un profond chagrin. Le masque funéraire de Charles de Verninac est conservé au musée Delacroix.

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Henryk Rodakowski, Portrait de Frédéric Villot, Paris, musée du Louvre © RMN / M. Bellot
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Henryk Rodakowski, Portrait de Frédéric Villot, Paris, musée du Louvre
© RMN / M. Bellot

Frédéric Villot (Liège, 1809-Paris, 1875)

Frédéric Villot est un érudit, collectionneur, bibliophile et graveur. Conservateur des peintures du musée du Louvre de 1848 à 1861, il entreprend le catalogue des collections en instituant un ordre chronologique par écoles.

Il démissionne de ses fonctions devant les critiques suscitées par sa politique de restauration. Il se constitue une collection de peintures, dessins et gravures de Delacroix et grave lui-même une série d'eaux-fortes d'après des œuvres du maître avec lequel il entretient une amitié fidèle, malgré quelques heurts. Frédéric et Pauline Villot, pour laquelle Delacroix eut de tendres sentiments, invitent parfois le peintre à Champrosay là même où il louera puis achètera sa maison de campagne.

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Jules-Claude Ziegler (1804-1856)

Elève de François-Joseph Heim et d'Ingres, Jules-Claude Ziegler expose ses premières œuvres en 1828 et 1829.

En 1830, il se rend en Italie puis en Allemagne où il apprend la peinture à fresque avec Peter von Cornelius. Chargé de mission par le gouvernement en 1834, il étudia la peinture de vitrail et la céramique en Allemagne.

A son retour, il fonda à Voisinlieu, près de Beauvais, une manufacture de grès artistiques inspirés des grès allemands des XVIe et XVIIe siècles. Il peignit de 1835 à 1838 la coupole de l'église de la Madeleine à Paris.

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